STATEMENT : Un coup d’Etat est en cours en Bolivie

Le 10 novembre 2019, Evo Morales a été forcé de présenter sa démission, dénonçant un “coup d’Etat civico-militaire” porté par l’opposition et avec l’aide de groupe violents.

Suite aux élections présidentielles d’octobre 2019 et aux résultats contestés par l’opposition, Evo Morales avait a plusieurs reprises appelé à de nouvelles élections pour sortir de la crise. Cet appel n’a pas été entendu et face aux exactions et violences commises par l’opposition et certains groupes violents, Evo Morales ainsi que plusieurs membres du MAS – mouvement du Président Morales – ont été forcé.e.s de démissioner.

Ce coup d’Etat a été rendu possible par l’abandon de la police nationale et des forces armées de leur rôle institutionnel, ce qui a rendu impossible la garantie de l’intégrité physique du gouvernement de Morales. A cela s’ajoute la violence inouïe et les méthodes mafieuses utilisées par des groupes violents liés à l’opposition : une vingtaine de hauts fonctionnaires du gouvernements d’Evo Morales ont depuis démissionné après que leurs maisons aient été incendiées, leurs proches enlevé.e.s et certain.e.s porté.e.s sur la place publique pour être lynché.e.s.

De graves atteintes à la liberté d’expression sont également observées, notamment à l’encontre de la chaîne publique auido et/ou visuelles dont certains bureaux ont été sacagés ou les émissions interrompues.

Pour mettre fin à cette violence qui s’était abattue sur le pays contre les couches les plus vulnérables de la population bolivienne, le président Evo Morales annonçait sa démission de la présidence de la Bolivie le 10 novembre 2019. « Nous renonçons pour que nos humbles frères cessent d’être frappés (…) familles pauvres, humiliées, nous ne voulons pas qu’il y ait des affrontements. Nous avons décidé de renoncer à notre victoire pour qu’il y ait des élections, tout pour la Bolivie, tout pour la patrie« , a déclaré Morales dans une vidéo transmise à la nation.

La façon dont l’opposition est occupée à prendre les commandes de l’Etat Bolivien est antidémocratique et anti-constitutionnelle. Nous faisons face à un enchaînement de démissions forcées de sénateurs et sénatrices, et de député.e.s du MAS (qui constituent selon les résultats des élections près des 2/3 de la chambre des représentants). Cette situation démontre de graves irrégularités démocratiques et une instrumentalisation de la constitution à des fins de coup d’État.

En tant que mouvement de paix et de solidarité internationale, Intal Globalize Solidarity dénonce ce coup d’État en Bolivie et appelle (1) la Belgique et l’Union Européenne à le condamner également. (2) À l’arrêt des violences et recherche d’un dialogue national. (3) Nous appelons au respect des valeurs démocratiques en Bolivie et à la protection de la paix et de la souverainté de la Bolivie.

Un coup d’Etat est en cours en Bolivie: notre analyse

Article de Paula Polanco et Eladio Mendez

La Bolivie vit actuellement un coup d’Etat dénoncé par le Président Evo Morales depuis le début de la crise. Le président Morales dont la réélection est contestée par l’opposition, avait proposé de nouvelles élections. pour sortir de la crise.

Cet appel n’a pas été entendu et Evo Morales a été forcé de présenter sa démission ce 10 novembre 2019, dénonçant un “coup d’Etat civico-militaire” porté par l’opposition et avec l’aide de groupe violents.

Ce coup d’Etat a été rendu possible par l’abandon de la police nationale et des forces armées de leur rôle institutionnel. Ainsi, dans une déclaration, les Forces armées (FF.AA.) ont indiqué que pour retrouver la stabilité de la nation, elles considéraient qu’un changement de présidence était nécessaire. « Nous suggérons au président de démissionner de son mandat permettant la pacification et le maintien de la stabilité en Bolivie », a déclaré le commandant en chef des Forces armées, William Kaiman.

Face à la  violence inouïe et aux  méthodes mafieuses, une vingtaine de hauts fonctionnaires du gouvernements d’Evo Morales ont depuis démissionné après que leurs maisons aient été incendiées, leurs proches enlevé.e.s et certain.e.s porté.e.s sur la place publique pour être lynché.e.s.

De graves atteintes à la liberté d’expression sont également observées, notamment à l’encontre de la chaîne publique 7, la chaîne de télévision universitaire ou encore le réseau de radio Patria Nueva. Ces dernières ont été pris d’assaut par les groupes de l’opposition et ses programmations interrompues. La parution de journaux – tel que le journal Página 7 dont les bureaux ont été attaqués – ont également été interdites.

Pour mettre fin à cette violence qui s’était abattue sur le pays contre les couches les plus vulnérables de la population bolivienne, le président Evo Morales annonçait sa démission de la présidence de la Bolivie le 10 novembre 2019. »Nous renonçons pour que nos humbles frères cessent d’être frappés (…) familles pauvres, humiliées, nous ne voulons pas qu’il y ait des affrontements. Nous avons décidé de renoncer à notre victoire pour qu’il y ait des élections, tout pour la Bolivie, tout pour la patrie », a déclaré Morales dans une vidéo transmise à la nation.

Malgré la démission d’Evo Morales posé comme un acte de pacification et l’appel à une table de Dialogue National, les revendications et actes de violence de l’opposition et des groupes violents continuent à semer le chaos dans plusieurs villes du pays.

Une véritable chasse aux sorcière est en cours vis à vis des sympathisant.e.s, militant.e.s et mandataires du MAS, mouvement du Président démissionnaire, Evo Morales.

Le commandant général de la Police, Vladimir Yuri Calderón, s’était joint aux actes anti-démocratiques de certains juges et avait annoncé l’arrestation de la présidente du Tribunal électoral, Maria Choque et de son vice-président, avant de démissionner.

Au niveau constitutionnel, l’article 169 stipule qu’ : « En cas d’empêchement ou d’absence définitive de l’autorité compétente, le président de l’État est remplacé dans ses fonctions par le vice-président et, en l’absence de celui-ci, par le Président du Sénat et, en son absence, par le Président de la Chambre des députés. Dans ce dernier cas, de nouvelles élections sont convoquées dans un délai maximum de quatre-vingt-dix jours. »

Or, le coup d’État a laissé un vide de pouvoir irrésolu par la Constitution: Evo Morales et Álvaro García Linera, vice-président de l’Etat de Bolivie, ont renoncé à leur poste pour la pacification du pays. Quant à la présidente du Sénat, Adriana Salvatierra, et le président de la Chambre des députés, Victor Borda, tous deux ont démissionné car des membres de leurs familles sont retenus par des groupes d’opposition violents, auteurs du coup d’Etat.

Face à ce vide constitutionnel, Camacho, président du Comité civique Pro Santa Cruz et  chef visible du coup d’Etat, a préconisé à de nombreuses reprises de laisser la charge de l’Etat entre les mains d’un « Conseil de transition », composée de « citoyens notables », une option non prévue dans la Constitution bolivienne en vigueur.

Entre-temps, la sénatrice de l’opposition Jeanine Áñez, deuxième vice-présidente de la Chambre des députés, a fait savoir qu’elle était disposée à prendre la présidence de l’Etat et cela, avant même la démission de la présidente du Sénat et du président de la Chambre des députés, Salvatierra et Borda respectivement, et celle du premier vice-président du Sénat, Rubén Medinaceli Ortiz, qui a également été contraint de quitter la chambre des représentants suite aux pressions.

La façon dont l’opposition est occupée à prendre les commandes de l’Etat Bolivien est antidémocratique et anti-constitutionnelle. Nous faisons face à un enchaînement de démissions forcées de sénateurs et sénatrices, et de député.e.s du MAS (qui constituent selon les résultats des élections près des 2/3 de la chambre des représentants). Cette situation démontre de graves irrégularités démocratiques, une instrumentalisation de la constitution et est la définition même d’un coup d’Etat.

En tant que mouvement de paix et de solidarité internationale, Intal Globalize Solidarity dénonce ce coup d’État en Bolivie et appelle (1) la Belgique et l’Union Européenne à le condamner également. (2) À l’arrêt des violences et recherche d’un dialogue national. (3) Nous appelons au respect des valeurs démocratiques en Bolivie et au maintien de la paix et la fin de la violence.

STATEMENT : Un coup d’Etat est en cours en Bolivie

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