Election en Bolivie: Appel pour la paix et la démocratie

(english below)

Les signataires de la présente déclaration dénoncent le coup d’Etat en Bolivie du 10 novembre 2019 contre le président Evo Morales Ayma et son vice-président Álvaro García Linera, et appelle à une mission d’observation électorale.

Bien que nous soyons conscients que le chemin vers les élections présidentielles du 20 octobre 2019 ait été criblé de fortes controverses interprétatives de la constitution, nous trouvons inadmissible d’accepter que celles-ci soient résolues par l’interruption de l’ordre constitutionnel démocratique en vigueur, une situation qui, historiquement, a toujours été source de répression et de douleur pour les peuples d’Amérique latine.

Les premières semaines de la présidence par intérim nous ont catapultés dans le sombre passé des dictatures boliviennes. Le 15 novembre, la police et l’armée ont ouvert le feu sur des manifestants autochtones à Cochabamba, tuant neuf d’entre eux et en blessant plus de 120. Quatre jours plus tard, à El Alto, la police et l’armée ont rouvert le feu sur les manifestants indigènes, faisant huit morts et plus de 30 blessés.

Il est plus qu’urgent qu’en Bolivie, la répression policière et militaire violente cesse immédiatement, que le droit au plein exercice de la liberté de la presse soit restauré et, surtout, que l’ordre constitutionnel démocratique soit rétabli d’urgence sans interdiction à aucun parti ou dirigeant politique.

Ceci n’est possible que si des élections libres et démocratiques ont lieux. Or, les garanties « d’élections libres et juste « censées se dérouler début 2020 sont minimales. La confiance des indigènes – qui représentent 60 % de la population bolivienne – dans ces élections est très faible. C’est logique, car ils établissent que la transition est dirigée par un gouvernement autoritaire.

Nous dénonçons la persécution systématique des organisations politiques, sociales, indigènes et paysannes et de toute initiative ou mobilisation pour exiger un retour aux institutions démocratiques. Avec des opérations de répression massive, la stratégie civile et militaire du coup d’État a laissé, en à peine cinq jours, le bilan de 24 morts, des centaines de blessés et des arrestations massives sans respect d’aucune procédure ni d’aucun droit. Nous dénonçons le caractère raciste et sexiste du coup d’État qui est en train de s’imposer en Bolivie, avec des attaques violentes contre les peuples autochtones, des outrages contre les femmes « de pollera » – qui pour la première fois ont été reconnues comme des sujets politiques dans le processus de changement initié par le MAS(mouvement vers le socialisme, parti d’Evo Morales).

Le coup d’État, mené par les élites économiques, cherche à réimposer le néolibéralisme et avec lui la concession de souveraineté, au profit de projets étrangers avides des abondantes ressources minières et autres du pays.

La démocratie et la souveraineté de la Bolivie a été sévèrement touchée par le coup d’État. De nouvelles élections offrent l’espoir d’une reprise, mais seulement si toutes les garanties sont données que ces élections peuvent se dérouler de manière libre, équitable et transparente. C’est pourquoi il ne peut y avoir de persécution politique et de prisonniers politiques dans tous les partis participants. Tous les partis politiques doivent pouvoir y participer sans discrimination y compris les candidats du parti MAS.

Nous demandons la mise en place d’une mission électorale des Nations Unies, avec des représentants de différents pays et de l’Église, pour assurer des élections libres et transparentes qui respectent les résultats.

Une mission d’observation électorale en Bolivie permettra de renforcer la confiance des électeurs et électrices envers le processus électoral à venir. Cette mission d’observation électorale doit être orientée par des principes d’objectivité, de neutralité politique et de non-ingérence. La mission d’observation des élections est une expression concrète de l’engagement de la communauté internationale à promouvoir la transparence et la participation citoyenne. Nous appelons la communauté internationale à agir maintenant.

Si, vous aussi êtes d’accord d’y joindre votre signature, faites-le moi savoir par retour de mail, en indiquant vos noms, prénoms et association, (ou «qualité») : solidaritebolivie@gmail.com.

Signataires :

intal Globalize Solidarity

Cubanismo.be

Grupo belga Solidair met Guatemala

Red europea de Comités Oscar Romero

Raf Custers


The undersigned of this statement denounce the November 10, 2019 coup d’état in Bolivia against President Evo Morales Ayma and his vice-president Álvaro García Linera and call for an electoral observation mission.

Although we are aware of the fact that the path to the presidential elections of 20 October 2019 was riddled with strong controversies about the interpretation of the constitution, we find it inadmissible to accept that these be resolved by interrupting the democratic constitutional order in force, a situation which, historically, has always been a source of repression and suffering for the peoples of Latin America.

The first weeks of the interim presidency have catapulted us into the dark past of the Bolivian dictatorships. On November 15, the police and the army opened fire on indigenous demonstrators in Cochabamba, killing nine and injuring more than 120. Four days later, in El Alto, police and army opened fire once more on indigenous demonstrators, killing eight and injuring more than 30 .

It is more than urgent that violent police and military repression cease immediately in Bolivia , that the right to full exercise of press freedom and, above all, the democratic constitutional order be restored as a matter of urgency without prohibition being applied to any party or political leader.

This is only possible if free and democratic elections are held. However, the guarantees of « free and fair elections » in March 2020 are minimal. The confidence of the natives – who represent 60% of the Bolivian population – in these elections is very low. This makes sense, because they have established that the transition is being led by an authoritarian government.

We denounce the systematic persecution of political, social, indigenous and peasant organizations and of any initiative or mobilization to demand a return to democratic institutions. With its massive repression, the civil and military strategy of the coup d’état has left a death toll of 24, hundreds of wounded and mass arrests in barely five days, without respect for any procedure or rights. We denounce the racist and sexist character of the coup d’état that is being imposed in Bolivia, with violent attacks against indigenous peoples, outrages against the women of Pollera who for the first time have been recognized as political subjects in the process of change initiated by the MAS( party of Evo Morales).

The coup, that is led by the economic elites, seeks to reimpose neoliberalism and , along with it, the concession of sovereignty, to the benefit of foreign projects hungry for the country’s abundant mineral and other resources.

Bolivia’s democracy and sovereignty have been severely affected by the coup d’état. New elections offer hope for recovery, though only if all guarantees are given that they can be held in a free, fair and transparent manner. For this reason, there can be neither political persecution nor political prisoners in any party participating in the elections.

We call for the establishment of a United Nations electoral mission, with representatives from different countries and the Church, in order to ensure free and transparent elections that respect the results.

An election observation mission to Bolivia will help build voter confidence in the upcoming electoral process. This election observation mission must be guided by the principles of objectivity, political neutrality and non-interference. The election observation mission is a concrete expression of the international community’s commitment to promote transparency and citizen participation. We call on the international community to act now.

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