{"id":1897,"date":"2018-12-15T14:57:44","date_gmt":"2018-12-15T13:57:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.intal.be\/?p=1897"},"modified":"2020-04-27T11:18:03","modified_gmt":"2020-04-27T09:18:03","slug":"le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/","title":{"rendered":"Le massacre de l\u2019union mini\u00e8re \u00e0 Lubumbashi (9 d\u00e9cembre 1941)"},"content":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-nl\">Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in <a href=\"https:\/\/www.intal.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1897\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"Fr\">Frans<\/a>.<\/p><p><strong>PAR LUDO DE WITTE<\/strong><\/p>\n<p><strong>A la m\u00e9moire de L\u00e9onard Mpoy, leader de la gr\u00e8ve de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re, \u00e0 la m\u00e9moire de Jules Marchal (1924-2003), infatigable \u00ab creuseur \u00bb des archives coloniales, en vue d\u2019en extraire la v\u00e9rit\u00e9 sur le colonialisme.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Africa Museum de Tervuren r\u00e9nov\u00e9, rouvre ce 9 d\u00e9cembre 2018: voil\u00e0 l\u2019occasion ou jamais de revenir sur le massacre par l\u2019arm\u00e9e coloniale belge (la \u00ab Force Publique \u00bb), de travailleurs noirs de l\u2019Union Mini\u00e8re partis en gr\u00e8ve en 1941. Ces ouvriers avaient arr\u00eat\u00e9 le travail pour r\u00e9clamer des salaires d\u00e9cents. Si l\u2019on veut vraiment d\u00e9coloniser notre espace public et notre histoire collective, on se doit de dire ce qu\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 et repr\u00e9sente toujours cette entreprise, joyau \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de Belgique, multinationale strat\u00e9gique toujours en activit\u00e9 aujourd\u2019hui sous le nom d\u2019Umicore. Il convient de parler de l\u2019\u00e9normit\u00e9 des profits accumul\u00e9s par l\u2019Union Mini\u00e8re\/Umicore au Congo, et de rappeler que des dizaines de milliers de Congolais les ont pay\u00e9s de leur sueur et de leur sang, parfois de leur vie. Ce devrait \u00eatre l\u2019une des finalit\u00e9s du mus\u00e9e de Tervuren.<\/p>\n<p>Avant de raconter l\u2019histoire de ce bain de sang, une suggestion me para\u00eet ici de mise. Il est bon d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire et encore mieux de la transposer sous une forme adapt\u00e9e dans un mus\u00e9e, mais pour ancrer durablement dans la m\u00e9moire collective des \u00e9v\u00e9nements autrement r\u00e9v\u00e9lateurs et symboliques, il est n\u00e9cessaire de la rendre visible dans l\u2019espace public. A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019identification de cadavres de soldats tomb\u00e9s pendant les deux guerres mondiales de 1914-18 et 1940-45 se poursuit et o\u00f9 se poursuit le rep\u00e9rage des fosses communes des victimes de la guerre civile Espagnole (1936-39), pour ne mentionner que ces cas d\u2019esp\u00e8ce, le temps n\u2019est-il pas venu qu\u2019on exige de l\u2019Etat belge et de l\u2019Umicore qu\u2019ils mettent tout en \u0153uvre pour que soient retrouv\u00e9es les cadavres des ouvriers massacr\u00e9s dans l\u2019ancien Elisabethville de 1941, et qu\u2019on \u00e9rige \u00e0 leur martyre, un monument digne de leur m\u00e9moire? Un lieu de m\u00e9moire qui, partant de ce massacre, immortalise le calvaire du peuple congolais au cours de ces ann\u00e9es sombres et p\u00e9nibles?<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>Ce que la Belgique et ses alli\u00e9s durant la Deuxi\u00e8me Guerre ont exig\u00e9 comme effort de la part des Congolais fut impitoyable. Comme je l\u2019\u00e9cris ailleurs, <em>\u00ab Pendant ces ann\u00e9es de guerre l\u2019Afrique centrale s\u2019\u00e9tait transform\u00e9e en un immense camp de for\u00e7ats au service de l\u2019industrie de guerre alli\u00e9e[ii]\u00ab . D\u00e8s le d\u00e9part, le travail forc\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de la colonisation, d\u2019abord sous le r\u00e9gime de l\u2019Etat ind\u00e9pendant du Congo, propri\u00e9t\u00e9 de L\u00e9opold II, mais ensuite encore lorsque cet Etat devint une colonie belge en 1908. Le P\u00e8re Le Grand d\u00e9clarait au Congr\u00e8s colonial de 1926: \u00ab La fa\u00e7on dont se font les recrutements d\u00e9passent toutes les bornes. On a vu des groupes entiers de Noirs se diriger la corde au cou vers les chantiers et on a vu des chefs m\u00e9daill\u00e9s [chefs \u00e0 la solde de la Colonie] \u00e0 l\u2019occasion du recrutement faire la chasse \u00e0 l\u2019homme. Bient\u00f4t ils essayeront de s\u2019\u00e9vader quitte \u00e0 mourir en hommes plut\u00f4t que d\u2019avoir l\u2019impression d\u2019\u00eatre esclaves[iii]\u00ab <\/em>.<\/p>\n<p>Durant la guerre, cette situation s\u2019est aggrav\u00e9e. Le nombre de Congolais astreints au travail forc\u00e9, est pass\u00e9 de 480.000 \u00e0 850.000 doublant donc quasiment. Mais le durcissement de l\u2019exploitation prit encore d\u2019autres formes, impactant la population toute enti\u00e8re. Ainsi le nombre de jours ouvrables durant lesquels chaque Congolais m\u00e2le adulte devait se consacrer \u00e0 des \u00ab t\u00e2ches de la communaut\u00e9 \u00bb passa de 60 \u00e0 120 jours par an. Quant \u00e0 la superficie de la culture forc\u00e9e (coton, manioc, riz, noix de palme), elle se vit tripler de 300.000 \u00e0 900.000 ha. Le P\u00e8re Hulstaert \u00e9crit que l\u2019ordre donn\u00e9 par les autorit\u00e9s de gagner la for\u00eat en vue d\u2019y r\u00e9colter le caoutchouc provoqua <em>\u00bb une vague de peur et d\u2019horreur dans les r\u00e9gions de la for\u00eat tropicale, tant la m\u00e9moire de la p\u00e9riode terrible de la r\u00e9colte du caoutchouc dans l\u2019Etat ind\u00e9pendant du Congo \u00e9tait rest\u00e9e vive chez beaucoup de gens[iv]\u00ab <\/em>. La p\u00e9nurie et la d\u00e9valuation du franc congolais, li\u00e9 au franc belge diminua consid\u00e9rablement le pouvoir d\u2019achat des salari\u00e9s. C\u2019est ici qu\u2019il convient d\u2019\u00e9voquer les \u00e9v\u00e9nements sanglants de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga.<\/p>\n<p><img src=\"https:\/\/www.intal.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/coloniecongo_1941.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Colonie belge 1941 \u2013 Gouverneur Maron aux martyrs de l\u2019UMHK \u00e0 Lumumbashi<\/p>\n<p>Le premier qui ait \u00e9tudi\u00e9 ce dossier est Jules Marchal, ancien administrateur colonial belge puis ancien ambassadeur et, \u00e0 sa retraite, historien-amateur et chercheur. Il se mit \u00e0 fouiller les archives de son ancien employeur. Jules Marchal d\u00e9couvrit, \u00e0 sa grande surprise, dans des documents officiels, que la colonisation belge se fondait sur une s\u00e9rie de crimes contre les populations qui lui \u00e9taient soumises. Scandalis\u00e9 par ses d\u00e9couvertes, il d\u00e9pensa tout son temps et toute son \u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9tude de centaines de milliers de documents conserv\u00e9s aux Archives Africaines du D\u00e9partement des Affaires Etrang\u00e8res \u00e0 Bruxelles. Une bonne douzaine d\u2019ouvrages sont issus de ces recherches, tous couvrant la p\u00e9riode 1885-1945. Ils rassemblent les donn\u00e9es de base qui permettent de comprendre l\u2019exploitation coloniale, sous L\u00e9opold II puis sous l\u2019administration belge.<\/p>\n<p>Je vais ici largement puiser dans le r\u00e9cit que fait Jules Marchal des \u00e9v\u00e8nements de 1941 dans son Travail forc\u00e9 pour le cuivre et pour l\u2019or[v]. Pour les reconstituer, il se fonde sur le journal d\u2019Amour Maron, gouverneur du Katanga \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il en a trouv\u00e9 une copie dans les archives du Consulat belge \u00e0 Lubumbashi. J\u2019y ajoute quelques autres donn\u00e9es tir\u00e9es de mes archives personnelles. L\u2019int\u00e9r\u00eat de tout ceci ne se limite pas \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1941. La gravit\u00e9 du massacre de cette ann\u00e9e-l\u00e0 marque \u00e0 ce point les travailleurs de l\u2019Union Mini\u00e8re, elle les terrorise tant que cela permet d\u2019expliquer pourquoi, dans les d\u00e9cennies qui suivent, ils n\u2019ont jou\u00e9 aucun r\u00f4le de premier plan, m\u00eame pas au temps de la d\u00e9colonisation, m\u00eame pas pour organiser des arr\u00eats de travail de quelque envergure. Le texte qui suit est de Jules Marchal, le mien est en italique.<\/p>\n<p><strong>PR\u00c9LUDE<\/strong><\/p>\n<p>A partir de 1928 l\u2019Union Mini\u00e8re fit figure au Congo et en Europe d\u2019employeur mod\u00e8le, d\u00e9veloppant pour les travailleurs ses services m\u00e9dicaux et prenant en charge leur formation professionnelle au maniement de l\u2019outillage et \u00e0 son entretien. [Le directeur g\u00e9n\u00e9ral en Afrique de l\u2019Union Mini\u00e8re] L\u00e9opold Mottoulle, s\u2019\u00e9vertua \u00e0 stabiliser la main d\u2019\u0153uvre africaine. Il s\u2019appliqua \u00e0 en faire, \u00e0 travers des services sociaux de pointe, un r\u00e9servoir d\u2019ouvriers d\u00e9vou\u00e9s et industrieux. Il consid\u00e9rait les travailleurs comme de grands enfants, qu\u2019il fallait diriger en <em>bon pater familias<\/em>, d\u00e9cidant de ce qui \u00e9tait bon pour eux et de ce qui ne l\u2019\u00e9tait pas, fixant le niveau des salaires selon son bon plaisir.<\/p>\n<p><em>[Bien que le logement et l\u2019alimentation de base \u00e9taient fournis en nature par l\u2019UM, le niveau de ces r\u00e9mun\u00e9rations en nature \u00e9tait celui d\u2019un salaire de famine] et il se con\u00e7oit que les \u00ab grands enfants \u00bb n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s heureux des d\u00e9cisions dans ce domaine du \u00ab p\u00e8re de famille \u00bb. Ce fut tout particuli\u00e8rement le cas \u00e0 la fin 1941. Le salaire de base (c\u2019est-\u00e0-dire celui d\u2019un man\u0153uvre d\u00e9butant), avait retrouv\u00e9, apr\u00e8s la chute observ\u00e9e au cours de la crise des ann\u00e9es 1930, son niveau de 1930: 2 francs par jour. A la m\u00eame \u00e9poque, depuis le commencement de la Seconde Guerre mondiale, le co\u00fbt de la vie s\u2019\u00e9tait consid\u00e9rablement \u00e9lev\u00e9. Comme lors de la Premi\u00e8re Guerre, la monnaie nationale s\u2019\u00e9tait fortement d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p>Le 6 novembre 1941, l\u2019administration coloniale du Katanga et la direction de l\u2019Union Mini\u00e8re et de la Sermikat se r\u00e9unissent \u00e0 Elisabethville (Lubumbashi). Monseigneur Jean-F\u00e9lix de Hemptinne, \u00e9v\u00eaque du Katanga, est pr\u00e9sent. A l\u2019ordre du jour, une enqu\u00eate de l\u2019administration coloniale qui d\u00e9montre que le minimum vital pour un travailleur c\u00e9libataire, de 939 francs par an au 10 mai 1940, s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 1.503 F au 1er ao\u00fbt 1941, soit une augmentation de 71%. Le salaire moyen en ville est de 700 F, \u00e0 comparer au chiffre de 1.503 F de l\u2019enqu\u00eate. Ceci \u00ab peut expliquer dans une certaine mesure la recrudescence des vols \u00bb, affirme un des participants \u00e0 la r\u00e9union. Sans augmentation de salaires, \u00ab des troubles graves \u00bb sont \u00e0 craindre, opine l\u2019\u00e9v\u00eaque de Hemptinne. On se met d\u2019accord sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une augmentation des salaires de 30 \u00e0 40%[vi]. Mais rien n\u2019est mis en \u0153uvre pour la faire appliquer.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard le journal katangais L\u2019Informateur d\u00e9crit le caract\u00e8re explosif de la situation en ces termes: \u00ab En avril 1941, l\u2019attention de l\u2019administration est attir\u00e9e sur l\u2019incidence du rench\u00e9rissement permanent du co\u00fbt de la vie, sur l\u2019esprit des indig\u00e8nes. A cette date, les salaires et traitements des Europ\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 revaloris\u00e9s dans d\u2019acceptables proportions, tandis que les travailleurs indig\u00e8nes, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, vivent toujours sous le r\u00e9gime du temps de paix. A la Cit\u00e9 comme dans les camps d\u2019organismes tels que l\u2019Union Mini\u00e8re et le BCK, les esprits sont remont\u00e9s, les meneurs, qui ne sont encore que des p\u00e9roreurs de carrefour, s\u2019agitent. Les autorit\u00e9s qui sont en contact direct et permanent avec le travailleur doivent consigner dans leurs rapports que les revendications des indig\u00e8nes sont justifi\u00e9es. Mais l\u2019administration sup\u00e9rieure continue \u00e0 faire la sourde oreille \u00bb[vii].<\/p>\n<p><strong>DES GR\u00c8VES \u00c9CLATENT<\/strong><\/p>\n<p>Shituru, situ\u00e9 pr\u00e8s de Jadotville (Likasi), avec ses usines de production de cuivre \u00e9lectrolytique et la fonderie de Panda toute proche, constituent \u00e0 cette \u00e9poque le complexe industriel le plus important de l\u2019Union Mini\u00e8re. Au mois d\u2019octobre 1941 les ouvriers blancs y avaient d\u00e9bray\u00e9 et rapidement eu gain de cause. A l\u2019exemple de cette gr\u00e8ve des Blancs, dans la nuit du 2 au 3 d\u00e9cembre, des Africains du camp de Shituru, auxquels se sont joints leurs camarades de Panda, d\u00e9cident de faire gr\u00e8ve le 4 au matin pour obtenir une augmentation de leurs salaires. Le 3, au matin, L\u00e9on Mutamba, le porte-parole des gr\u00e9vistes, en informe le chef du camp de Shituru. Celui-ci alerte imm\u00e9diatement la direction g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 Elisabethville, laquelle avise le gouverneur Maron. La direction se d\u00e9clare dans l\u2019impossibilit\u00e9 de c\u00e9der face \u00e0 la menace et obtient du gouverneur qu\u2019il maintienne l\u2019ordre et la discipline chez les travailleurs.<\/p>\n<p>Se fondant sur la l\u00e9gislation par temps de guerre, Maron promulgue le m\u00eame jour un arr\u00eat\u00e9 r\u00e9quisitionnant tous les travailleurs, sous peine de cinq ans de prison pour les r\u00e9calcitrants (\u2026) Le jeudi 4 d\u00e9cembre, avant l\u2019aube, des camions de l\u2019Union mini\u00e8re transportent les soldats de la Force Publique, l\u2019arm\u00e9e de la colonie, jusqu\u2019aux camps. A l\u2019entr\u00e9e du camp de Shituru, la troupe se heurte \u00e0 500 travailleurs, en route pour Panda. Elle les maintient sur place puis les refoule. A Panda elle entoure un groupe mass\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union Mini\u00e8re, L\u00e9opold Mottoulle, tente d\u2019\u00e9tablir le contact avec des groupes de gr\u00e9vistes. Il promet une augmentation de salaire \u00e0 ceux qui reprendront le travail \u00e0 11h, alors que les autres n\u2019obtiendraient rien. Il n\u2019est pas entendu, on lui lance des pierres. Furieux et \u00e9c\u0153ur\u00e9 par l\u2019attitude de ses \u00ab grands enfants \u00bb, il est accueilli \u00e0 Panda par les clameurs et les protestations des femmes. Elles se plaignent de l\u2019insuffisance des rations de viande et de poisson. Parmi les \u00e9quipes de jour de Shituru et Panda, soit 1.800 personnes, 1.400 ouvriers sont en gr\u00e8ve. Seuls les recrues et les ouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s travaillent.<\/p>\n<p>Les officiers blancs de la Force publique, craignant d\u2019\u00eatre d\u00e9bord\u00e9s par les gr\u00e9vistes, ordonnent \u00e0 leurs hommes de faire preuve de sang-froid et de ne pas r\u00e9pondre aux provocations. Ils r\u00e9clament l\u2019envoi urgent de renforts de Lubumbashi. Le bilan des \u00e9chauffour\u00e9es est relativement l\u00e9ger: cinq bless\u00e9s dont un soldat.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a qu\u2019un seul incident qui tourne au drame lorsque le commandant du bataillon de la Force Publique Cardoen tue un gr\u00e9viste d\u2019une balle de revolver. Les renforts arrivent par train en d\u00e9but de soir\u00e9e. Les soldats patrouillent la nuit. Le 5 d\u00e9cembre tout est calme \u00e0 Shituru et Panda. 85% des membres du personnel se pr\u00e9sentent au travail, mais le c\u0153ur n\u2019y est pas; il y a partout de vifs \u00e9changes. Au cours des deux journ\u00e9es suivantes, menaces ou rumeurs de gr\u00e8ve se multiplient dans plusieurs si\u00e8ges d\u2019exploitation de l\u2019Union Mini\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>GR\u00c8VE DANS LA CAPITALE DU KATANGA<\/strong><\/p>\n<p>Le lundi 8 d\u00e9cembre, les travailleurs d\u00e9braient \u00e0 Kambove et \u00e0 la mine voisine de Shanguluwe. Ils r\u00e9clament une augmentation de 1,50F par jour au lieu des cinquante centimes propos\u00e9s. A Kambove les femmes se joignent aux hommes pour se plaindre des rations alimentaires. Le m\u00eame jour, les menaces de gr\u00e8ve se pr\u00e9cisent \u00e0 Luishia et \u00e0 Kipushi. Deux pelotons sont envoy\u00e9s \u00e0 Kipushi. Par ailleurs, le m\u00eame lundi \u00e0 la Lubumbashi, la situation se d\u00e9grade d\u2019heure en heure \u00e0 la fonderie et aux camps avoisinants. Mottoulle tient personnellement le gouverneur Maron au courant, apr\u00e8s lui avoir dit au matin regretter qu\u2019on n\u2019ait pas agi avec plus de fermet\u00e9 \u00e0 Jadotville.<\/p>\n<p>Le gouverneur prie le major Michel Vincke, le commandant militaire d\u2019Elisabethville, d\u2019envoyer des troupes sur place, afin de disperser les manifestants et d\u2019arr\u00eater les meneurs. Le procureur du roi, Paul Van Arenbergh, et le procureur g\u00e9n\u00e9ral, Jean-Marie Devaux, se rendent sur les lieux, de m\u00eame que le commissaire de district. Van Arenbergh fait arr\u00eater deux meneurs, ce qui fait monter la tension. Les ouvriers se massent devant le bureau du chef de camp et, de la foule, montent des invectives. A 23h Mottoulle t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 Maron que la troupe se pr\u00e9pare \u00e0 faire usage de ses armes. A minuit, les manifestants sont dispers\u00e9s, apr\u00e8s qu\u2019un soldat ait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par le jet d\u2019une brique.<\/p>\n<p><strong>AU STADE DE FOOTBALL<\/strong><\/p>\n<p>Le mardi 9 d\u00e9cembre, \u00e0 6h du matin, le gouverneur Maron se rend au camp central de Lubumbashi. Il ordonne aux travailleurs de se rassembler au stade de football et met en place \u00e0 la tribune un peloton de soldats\u2014 d\u00e9monstration de force. Ren\u00e9 Marchal, l\u2019administrateur du territoire, est aussi sur place. Confront\u00e9 aux souffrances des travailleurs, il avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 en juin 1941 que tous les employeurs devaient fournir gratuitement le bois de chauffage \u00e0 leurs travailleurs. Cette initiative, qui \u00e9quivalait en quelque sorte \u00e0 une augmentation mensuelle des salaires des travailleurs de 15F, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9e par l\u2019administration provinciale. Plus tard, on l\u2019avait oblig\u00e9 \u00e0 revenir sur cette d\u00e9cision.[viii]<\/p>\n<p>Selon Ren\u00e9 Marchal, ce 9 d\u00e9cembre une foule de 1.500 \u00e0 2.000 Noirs, hommes, femmes et enfants, est rassembl\u00e9e sur le terrain de football. L\u2019administrateur territorial, qui parle la langue locale et conna\u00eet bien la population noire, est formel: \u00ab Les gr\u00e9vistes n\u2019avaient aucune intention belliqueuse. Il s\u2019agissait d\u2019une manifestation pacifique contre la non-adaptation des salaires au co\u00fbt de la vie. Par contre, l\u2019air r\u00e9solu de la troupe, et surtout des officiers, de m\u00eame que l\u2019\u00e9tat de surexcitation du gouverneur Maron me firent appr\u00e9hender le pire. (\u2026) Maron paraissait avoir perdu le contr\u00f4le de ses nerfs. A chaque clameur de la foule, il levait les bras et secouait ses poings en signe de col\u00e8re. Il ne tenait pas en place \u00bb.[ix]<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un entretien de Maron avec le num\u00e9ro 1 de l\u2019Union Mini\u00e8re Jules Cousin, Marchal re\u00e7oit du gouverneur cet ordre: \u00ab Vous pouvez aller parler aux gr\u00e9vistes, mais je vous d\u00e9fends de leur faire la moindre promesse. Faites-les rentrer chez eux et dites leur qu\u2019apr\u00e8s cela on examinera leur probl\u00e8me. Le capitaine De Milde va vous accompagner avec sa compagnie \u00bb[x]. Il n\u2019y avait rien de mieux \u00e0 faire pour que la situation ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re et, pire: envoyer le message aux gr\u00e9vistes qu\u2019ils n\u2019obtiendraient rien, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 somm\u00e9s de se rassembler au stade de football, accompagn\u00e9s de leurs familles (la chose avait manifestement suscit\u00e9 des espoirs chez les gr\u00e9vistes), et cela sous la menace de soldats lourdement arm\u00e9s\u2014 non avec des fusils, mais des mitraillettes\u2014, dans une ambiance de suspicion r\u00e9ciproque entre travailleurs (dont certains leaders avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s) et soldats (l\u2019un d\u2019eux avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 la veille).<\/p>\n<p>Maron, Cousin et Mottoulle, l\u2019administration coloniale et les soci\u00e9t\u00e9s coloniales: tous voulaient maintenir les ouvriers noirs dans le carcan du paternalisme, pilier de la colonisation belge. Dans l\u2019univers colonial, on ne n\u00e9gocie pas avec ces grands enfants. Plus encore: on ne discute pas avec eux de leurs revendications m\u00eame si on les consid\u00e8re comme l\u00e9gitimes. Les Noirs devaient se taire, se satisfaire de ce qu\u2019on leur donnait et s\u2019incliner devant les refus qu\u2019on leur opposait. Toutes les tentatives de r\u00e9bellion \u2014 et m\u00eame la simple expression d\u2019un m\u00e9contentement \u2014 devaient \u00eatre r\u00e9prim\u00e9es, jamais reconnues!<\/p>\n<p>\u00ab SI L\u2019ON M\u2019AVAIT DONN\u00c9 LE POUVOIR DE N\u00c9GOCIER\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019administrateur de territoire Marchal et son adjoint sont bien re\u00e7us par la foule: \u00ab Les gr\u00e9vistes s\u2019\u00e9taient respectueusement \u00e9cart\u00e9s pour nous laisser passer. Tout le monde observa un silence respectueux pour m\u2019\u00e9couter \u00bb. Les travailleurs avaient \u00f4t\u00e9 leur chapeau: \u00ab la foule faisait preuve d\u2019un respect parfait \u00e0 mon \u00e9gard \u00bb, note Marchal. Il leur dit \u00ab qu\u2019ils avaient des raisons de n\u2019\u00eatre pas tout \u00e0 fait satisfaits, \u00e9tant donn\u00e9 que le co\u00fbt de la vie avait augment\u00e9 dans de telles proportions qu\u2019il ne leur \u00e9tait plus possible, avec le taux ancien des salaires, de faire face \u00e0 tous leurs besoins de famille \u00bb, mais, vu l\u2019\u00e9tat de guerre \u00ab que nous avons tous des sacrifices \u00e0 consentir, que les Europ\u00e9ens avaient \u00e0 supporter des restrictions aussi bien qu\u2019eux (\u2026) Je leur donnai l\u2019assurance que le gouvernement ferait tout son possible pour eux et que l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e9tait dispos\u00e9e \u00e0 leur accorder une augmentation g\u00e9n\u00e9rale \u00bb[xi].<\/p>\n<p>Marchal va plus loin que ce qu\u2019on lui avait permis de dire, mais le r\u00e9sultat est \u2014momentan\u00e9ment \u2014 l\u00e0: \u00ab Je terminai en les exhortant tous \u00e0 rentrer chez eux directement et en les pr\u00e9venant de l\u2019\u00e9tat de surexcitation de la troupe\u2026 \u00bb La foule commence \u00e0 quitter les lieux. Sauf plusieurs leaders qui, croyant que l\u2019administrateur territorial a le mandat pour n\u00e9gocier, insistent. Marchal \u00e9crit: \u00ab plusieurs meneurs r\u00e9clam\u00e8rent tout d\u2019abord la lib\u00e9ration de leurs camarades arr\u00eat\u00e9s la veille. D\u2019autres r\u00e9clam\u00e8rent une promesse formelle d\u2019augmentation \u00bb. Un ouvrier propose une augmentation de 5 francs par jour, une revendication jug\u00e9e par Jules Marchal comme \u00ab pas tellement exag\u00e9r\u00e9e \u00bb. Cet ouvrier, c\u2019est peut-\u00eatre L\u00e9onard Mpoy, qui est identifi\u00e9 par Jules Marchal dans son livre comme le leader de la gr\u00e8ve. L\u2019administrateur territorial conclut: \u00ab J\u2019eus l\u2019impression en tous cas qu\u2019une solution rapide du conflit e\u00fbt pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e ais\u00e9ment si l\u2019on m\u2019avait donn\u00e9 le pouvoir de n\u00e9gocier avec eux \u00bb[xii]. Malheureusement, ce n\u2019est pas le cas\u2026<\/p>\n<p><strong>LE MASSACRE<\/strong><\/p>\n<p>Le Gouverneur Maron s\u2019approche \u00e0 son tour de la foule et parle aux gr\u00e9vistes. Ren\u00e9 Marchal observant la sc\u00e8ne \u00e9crit: \u00ab J\u2019eus la conviction qu\u2019il n\u2019existait aucun danger pour personne. Encore une demi-heure de patience et, j\u2019en suis convaincu, les gr\u00e9vistes seraient rentr\u00e9s chez eux \u00bb. C\u2019est alors que le capitaine De Milde, officier de la Force Publique, s\u2019adresse aux gr\u00e9vistes puis leur fait trois sommations. Elles sont \u00e9nonc\u00e9es en lingala, la langue officielle de l\u2019arm\u00e9e coloniale; une langue, dit Ren\u00e9 Marchal, \u00ab que pas un gr\u00e9viste sur 100 ne comprenait. Les sommations rest\u00e8rent sans effet. Le capitaine ordonna alors \u00e0 ses hommes d\u2019avancer ba\u00efonnette au canon. Pas un gr\u00e9viste ne broncha. Les soldats h\u00e9sit\u00e8rent \u00e0 entrer en action, puis au lieu de piquer avec leurs ba\u00efonnettes, ils voulurent faire circuler \u00e0 coup de crosses de fusils. Aussit\u00f4t un des gr\u00e9vistes a voulu s\u2019emparer d\u2019un fusil. Au m\u00eame instant un coup de feu partit qui d\u00e9clencha instantan\u00e9ment une fusillade g\u00e9n\u00e9rale qui dura 8, 10, 15 secondes, je ne sais au juste \u00bb[xiii].<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne est horrible: \u00ab Une trentaine de cadavres jonchaient la tribune, des bless\u00e9s se tortillaient dans les fils de fer barbel\u00e9s, d\u2019autres agonisaient dans une mare de sang. Une fuite \u00e9perdue des rescap\u00e9s s\u2019ensuivit. (\u2026) la plaine de football se vida rapidement, \u00e0 l\u2019exception de quelques dizaines d\u2019indig\u00e8nes qui, sans souci du risque, se pr\u00e9cipit\u00e8rent au secours des victimes. Des femmes surtout \u00e9taient accourues, et jetaient des cris de d\u00e9sespoir en reconnaissant leur mari parmi les tu\u00e9s \u00bb. La compagnie se retire, pendant que des infirmiers emportent les bless\u00e9s sur des brancards vers une ambulance.[xiv] Bilan officiel du massacre: 45 hommes, 2 femmes et 1 enfant tu\u00e9s, 74 bless\u00e9s. Une cinquantaine de bless\u00e9s mourront le lendemain, selon le syndicaliste belge Georges Lievens, sympathisant des gr\u00e9vistes[xv]. A midi, \u00e0 Luishia la troupe se pr\u00e9pare \u00e0 disperser \u00e0 nouveau un rassemblement de gr\u00e9vistes. Au m\u00eame moment les travailleurs de la mine de l\u2019Etoile, descendant sur Elisabethville pour se plaindre \u00e9galement de leur ravitaillement, font demi-tour \u00e0 la nouvelle de ce qui vient de se produire.<\/p>\n<p>Devant l\u2019h\u00f4pital indig\u00e8ne 3 \u00e0 400 personnes attendent dans le calme les nouvelles des bless\u00e9s. Entre-temps, \u00ab le personnel blanc de l\u2019Union Mini\u00e8re d\u00e9cide de protester contre le massacre en organisant une gr\u00e8ve de quelques heures \u00bb. L\u2019administrateur territorial \u00e9crit plus tard: \u00ab J\u2019eus l\u2019occasion par la suite de me rendre compte combien les travailleurs indig\u00e8nes avaient appr\u00e9ci\u00e9 cette manifestation de sympathie \u00e0 leur \u00e9gard \u00bb[xvi]. Mais les autorit\u00e9s sont d\u2019un autre avis, car la s\u00e9gr\u00e9gation entre Noirs et Blancs est un des piliers du syst\u00e8me colonial. Le syndicaliste belge Georges Lievens va faire les frais de cet acte de solidarit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>LE JOUR D\u2019APR\u00c8S<\/strong><\/p>\n<p>Que faire des corps? Mottoulle propose de les inhumer dans une fosse commune, mais l\u2019administration refuse. Une cinquantaine de d\u00e9tenus de la prison locale sont r\u00e9quisitionn\u00e9s pour creuser des tombes individuelles au cimeti\u00e8re de la ville. On d\u00e9sire faire vite, sans les rites habituels des fun\u00e9railles, loin des familles, parce qu\u2019on craint que cette c\u00e9r\u00e9monie ne provoque de nouveaux d\u00e9sordres. Il fait encore nuit \u2013 la nuit du 9 au 10 \u2013 quand environ 45 cadavres sont jet\u00e9s dans deux camions et transport\u00e9s vers le cimeti\u00e8re, o\u00f9 les d\u00e9tenus ach\u00e8vent de creuser les derni\u00e8res tombes. Un d\u00e9tachement de soldats prend position autour des tombes. Le jour se l\u00e8ve \u2014 un jour qui \u00ab restera sans doute le jour le plus horrible de ma vie \u00bb, \u00e9crit l\u2019administrateur territorial Marchal, qui est pr\u00e9sent. \u00ab Des miasmes repoussants empestaient l\u2019atmosph\u00e8re. Des liquides f\u00e9tides ruisselaient des deux v\u00e9hicules. Les cadavres gluants glissaient des mains des prisonniers et d\u00e9gringolaient au sol avec un bruit sourd. Spectacle d\u2019une horreur indescriptible \u00bb[xvii]. Sans c\u00e9r\u00e9monie aucune, sans un dernier hommage, et pour les proches et survivants, sans identification de l\u2019endroit o\u00f9 ils sont enterr\u00e9s: \u00ab le myst\u00e8re r\u00e8gne autour de la s\u00e9pulture clandestine des cadavres d\u00e9chiquet\u00e9s de ces victimes \u00bb[xviii].<br \/>\n<img src=\"https:\/\/www.intal.be\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/illustration-2.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Le 9 d\u00e9cembre 1941 \u00e0 Lubumbashi, martyrs de L\u2019UMHK (Gouverneur Maron)<\/p>\n<p>Pendant que les corps sont inhum\u00e9s, le travail reprend dans tous les chantiers et usines de I\u2019Union Mini\u00e8re. La plus grande gr\u00e8ve de l\u2019histoire coloniale belge se termine. L\u2019UMHK alloue une somme de 300 francs \u00e0 la famille de chacune des victimes, se fondant sur le montant semblable habituellement vers\u00e9 en cas de d\u00e9c\u00e8s d\u2019un travailleur, alors que, en juillet 1941, le tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Elisabethville avait accord\u00e9 une indemnit\u00e9 de 1.000 francs \u00e0 la famille d\u2019un travailleur de la G\u00e9comines, tu\u00e9 dans un accident de travail. <em>Le bain de sang terrifie les esprits: l\u2019Union Mini\u00e8re en sera quitte avec les gr\u00e8ves de travailleurs africains jusqu\u2019\u00e0 la fin du Congo Belge.<\/em><\/p>\n<p><strong>LES SUITES<\/strong><\/p>\n<p>Le 11 d\u00e9cembre l\u2019Union Mini\u00e8re d\u00e9cide une hausse g\u00e9n\u00e9rale des salaires de 25% et de 50% par rapport \u00e0 ceux d\u2019octobre. Ainsi le salaire de 2 francs passe \u00e0 3 francs, celui de 12 francs \u00e0 15 francs. Deux semaines plus tard la hausse est communiqu\u00e9e aux capitas de l\u2019Union Mini\u00e8re. L\u2019administrateur territorial Marchal \u00e9crit: \u00ab Cette d\u00e9cision n\u2019\u00e9tait que trop justifi\u00e9e depuis longtemps. Elle arriva malheureusement un peu tard. Ce que je n\u2019ai pu m\u2019expliquer, c\u2019est la mauvaise gr\u00e2ce avec laquelle l\u2019Union Mini\u00e8re se r\u00e9signa \u00e0 conc\u00e9der un r\u00e9ajustement si manifestement imp\u00e9rieux. (\u2026) Il y eut surtout une faute psychologique impardonnable de la part de l\u2019Union Mini\u00e8re et du gouvernement se refusant nettement de mettre quoi que ce soit en \u0153uvre pour rechercher sur place une solution pacifique du conflit, alors que celle-ci e\u00fbt certainement \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e imm\u00e9diatement par une concession de la plus \u00e9l\u00e9mentaire justice; dans le domaine du r\u00e9ajustement des salaires. (\u2026) la r\u00e9pression de cette gr\u00e8ve [fut men\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on] inconsid\u00e9r\u00e9e, stupide et criminelle \u00bb[xix].<\/p>\n<p>Il reste \u00e0 la Justice de condamner nombre de gens appr\u00e9hend\u00e9s comme meneurs aux diff\u00e9rents si\u00e8ges d\u2019exploitation et \u00e0 la S\u00fbret\u00e9 et au Parquet d\u2019enqu\u00eater sur le r\u00f4le des syndicalistes blancs, impliqu\u00e9s dans la gr\u00e8ve selon Cousin. Les ouvriers blancs avaient cess\u00e9 le travail imm\u00e9diatement apr\u00e8s le massacre, \u00ab pour protester contre l\u2019assassinat dont venaient d\u2019\u00eatre victimes nos fr\u00e8res noirs \u00bb, en affirmant \u00ab que c\u2019\u00e9tait la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale qui avait fait tirer le gouvernement et que, si la G\u00e9n\u00e9rale avait fait tirer sur les Noirs, elle le ferait un jour sur nous \u00bb. Un groupe d\u2019ouvriers europ\u00e9ens avait, en passant devant le bureau de la direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019UMHK cri\u00e9 \u00ab Nous ne voulons plus travailler avec des assassins \u00bb[xx]. Le syndicaliste belge Georges Lievens est accus\u00e9 d\u2019avoir foment\u00e9 la gr\u00e8ve. Licenci\u00e9 par l\u2019Union Mini\u00e8re, il est condamn\u00e9 le 31 d\u00e9cembre 1941 \u00e0 8 jours de prison et \u00e0 25 francs d\u2019amende pour injures au procureur Van Aerenbergh, qu\u2019il a accus\u00e9 d\u2019\u00eatre vendu \u00e0 l\u2019administration coloniale et \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re. De 1941 \u00e0 1944, il erre \u00e0 travers tout le Congo, pour retourner fin 1944 \u00e0 Elisabethville, o\u00f9 il se fait engager par le Service des Finances de la ville. Il continue de d\u00e9noncer les responsabilit\u00e9s belges dans le massacre, ce qui provoque son licenciement[xxi]<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019une ann\u00e9e apr\u00e8s le massacre, Maron est promu inspecteur d\u2019\u00c9tat, tout en conservant son poste de gouverneur du Katanga. De tr\u00e8s hautes distinctions honorifiques \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 Amour Maron: commandeur des Ordres du Lion et de L\u00e9opold II, officier de l\u2019Ordre de L\u00e9opold et de l\u2019\u00e9toile africaine, commandeur de l\u2019Ordre du Christ du Portugal, et porteur de l\u2019\u00e9toile des services en or[xxii]. Il n\u2019est pas le seul \u00e0 ne pas avoir p\u00e2ti du r\u00f4le qu\u2019il a jou\u00e9 dans les \u00e9v\u00e9nements: \u00ab Quelques mois apr\u00e8s la gr\u00e8ve, dans le salon de r\u00e9ception de la r\u00e9sidence du gouverneur, quelques minutes apr\u00e8s l\u2019annonce d\u2019une tr\u00e8s haute promotion [accord\u00e9e au capitaine De Milde] par Mr. le ministre [Albert] de Vleeschauwer \u00bb, \u00e9crivit l\u2019administrateur Marchal, j\u2019entendis cette r\u00e9flexion de la bouche m\u00eame d\u2019un magistrat: \u00ab Tel est le prix du sang de cinquante martyrs \u00bb[xxiii].<\/p>\n<p><strong>ORGANISER L\u2019OUBLI<\/strong><\/p>\n<p>Depuis, l\u2019oubli s\u2019organise. L\u2019angoisse d\u2019une population terroris\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements y aide. Cette brutale d\u00e9monstration de force est compl\u00e8tement occult\u00e9e par la presse coloniale. Le Courrier d\u2019Afrique, sous le titre \u00ab D\u00e9sordres graves \u00e0 I\u2019Union Mini\u00e8re \u00bb, parle \u00ab de graves menaces sur la troupe appel\u00e9e \u00e0 intervenir pour maintenir l\u2019ordre dans certains centres de l\u2019UMHK \u00bb. Un jour, \u00e0 l\u2019anniversaire de la boucherie, des fleurs sont d\u00e9pos\u00e9es sur le lieu du drame. Ce geste est tr\u00e8s mal vu de l\u2019Union Mini\u00e8re, qui d\u00e9cide de d\u00e9truire le stade de football. Depuis lors, \u00ab le lieu est devenu un terrain inoffensif; un terrain vague h\u00e9riss\u00e9 de quelques herbes o\u00f9 les gosses s\u2019adonnent volontiers \u00e0 des parties de jeux \u00bb, peut-on lire dans le journal katangais Mwango-Hebdo, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1973.[xxiv]<\/p>\n<p>La population n\u2019a que de vagues souvenirs des \u00e9v\u00e9nements, bien que le massacre ait retenti dans la conscience collective. Dans la peinture populaire et dans des r\u00e9cits assez vagues on impute la responsabilit\u00e9 du massacre au gouverneur Maron, qui aurait d\u00e9clench\u00e9 le bain de sang en tuant un leader des gr\u00e9vistes[xxv]. Lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Lubumbashi en 2008, j\u2019ai parl\u00e9 avec d\u2019anciens ouvriers de l\u2019Union Mini\u00e8re qui n\u2019avaient pas v\u00e9cu le drame, mais qui furent engag\u00e9s plus tard par cette soci\u00e9t\u00e9. Jean Munonga (1939) estimait que de 20 \u00e0 30 travailleurs avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s; Kamanda Ngongo (1930) me parla de 30 \u00e0 40 morts. Dans Mwango-Hebdo le commis Mulongoi, un survivant du massacre, parle de 120 morts.<\/p>\n<p>Plus tard, sous Mobutu, l\u2019ancien PDG de la G\u00e9camines, Mulenda Mb\u00f4, voulut \u00e9riger un monument aux morts \u00e0 l\u2019ancien emplacement du stade de football. Une fondation avait \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e, et un projet de monument \u00e9labor\u00e9: un ensemble de statues devaient repr\u00e9senter un ouvrier qui travaille, trois autres en gr\u00e8ve, et un policier ou un soldat qui les frappe. Mais le projet n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9 \u00e0 bonne fin. A l\u2019endroit de la fusillade il y a eu d\u2019abord un d\u00e9p\u00f4t d\u2019immondices. Ensuite on y a install\u00e9 un atelier de pierres tombales.[xxvi]<\/p>\n<p>publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois sur\u00a0<a title=\"www.congoindependant.com\" href=\"http:\/\/www.congoindependant.com\/\">www.congoindependant.com<\/a><\/p>\n<p>Rejoins l&#8217;\u00e9quipe d&#8217;intal et devient activiste pour la souverainet\u00e9 des peuples!<\/p>\n<p>deviens membre intal :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.intal.be\/fr\/devenirmembre\">devenirmembre<\/a><\/p>\n<p>contactes-nous:\u00a0<a href=\"mailto:congo@www.intal.be\">congo@www.intal.be<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a>\u00a0Auteur de L\u2019assassinat de Lumumba (Karthala, Paris, 2000) et de L\u2019ascension de Mobutu (Investig\u2019Action, Bruxelles, 2018). Cet article, qui doit beaucoup au livre de Jules Marchal Travail forc\u00e9 pour le cuivre et l\u2019or (1999), a donc \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais par deux N\u00e9erlandophones, Marchal et moi-m\u00eame. Jos\u00e9 Fontaine a bien voulu en corriger la langue et je l\u2019en remercie infiniment.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a>\u00a0L. De Witte, \u00ab\u00a0Congolese oorlogstranen: Deportatie en dwangarbeid voor de geallieerde oorlogsindustrie (1940-1945)\u00a0\u00bb, DeWereldMorgen, 9\/1\/2016.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a>\u00a0F. Buelens, Congo 1885-1960. Een financieel-economische geschiedenis, p. 239.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a>\u00a0G. Hulstaert, dans ARSOM, Le Congo belge durant la Seconde Guerre Mondiale, p. 588.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a>\u00a0La gr\u00e8ve et le massacre de 1941, dans J. Marchal, Travail forc\u00e9 pour le cuivre et pour l\u2019or (1999), pp. 196-199.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref6\" name=\"_edn6\">[vi]<\/a>\u00a0Sous-commission de la main d\u2019\u0153uvre indig\u00e8ne du Katanga, \u00ab\u00a0Compte-rendu de la r\u00e9union du 6 novembre 1941\u00a0\u00bb, dact., 4 p., s.d., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref7\" name=\"_edn7\">[vii]<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0La tuerie de la Lubumbashi\u00a0\u00bb, l\u2019Informateur, 23 f\u00e9vrier 1946.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref8\" name=\"_edn8\">[viii]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Marchal, \u00ab\u00a0La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 d\u00e9cembre 1941\u00a0\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref9\" name=\"_edn9\">[ix]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref10\" name=\"_edn10\">[x]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref11\" name=\"_edn11\">[xi]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref12\" name=\"_edn12\">[xii]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>. Sur L\u00e9onard Mpoy, voir Donatien Dibwe dia Mwembu et Bogumil Jewsiewicki, \u00ab\u00a0De la surpolisation \u00e0 l\u2019antipolitique, quelques remarques en marge de l\u2019histoire du mouvement ouvrier \u00e0 l\u2019Union mini\u00e8re du Haut-Katanga (UMHK) et \u00e0 la G\u00e9camines, 1920-1996\u00a0\u00bb, Brood en Rozen, p. 195.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref13\" name=\"_edn13\">[xiii]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Marchal, \u00ab\u00a0La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 d\u00e9cembre 1941\u00a0\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref14\" name=\"_edn14\">[xiv]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref15\" name=\"_edn15\">[xv]<\/a>\u00a0G. Lievens, \u00ab\u00a0Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga\u00a0\u00bb, Elisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref16\" name=\"_edn16\">[xvi]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Marchal, \u00ab\u00a0La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 d\u00e9cembre 1941\u00a0\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref17\" name=\"_edn17\">[xvii]<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref18\" name=\"_edn18\">[xviii]<\/a>\u00a0G. Lievens, \u00ab\u00a0Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga\u00a0\u00bb, Elisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref19\" name=\"_edn19\">[xix]<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0Biographie de Lievens G.P. Ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec l\u2019Union Mini\u00e8re\u00a0\u00bb, Manuscrit, 2 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref20\" name=\"_edn20\">[xx]<\/a>\u00a0Info dans G. Lievens, \u00ab\u00a0Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de la Main-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga\u00a0\u00bb, Elisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref21\" name=\"_edn21\">[xxi]<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0Biographie de Lievens G.P. Ses d\u00e9m\u00e9l\u00e9s avec l\u2019Union Mini\u00e8re\u00a0\u00bb, Manuscrit, 2 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref22\" name=\"_edn22\">[xxii]<\/a>\u00a0Biographie Amour-Emile-Valentin Maron, Biographie Belge d\u2019Outre-Mer, Ac. Royale des Sciences d\u2019Outre-Mer, T. VI, 1968, col. 692-694.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref23\" name=\"_edn23\">[xxiii]<\/a>\u00a0Ren\u00e9 Marchal, \u00ab\u00a0La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le massacre du 9 d\u00e9cembre 1941\u00a0\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref24\" name=\"_edn24\">[xxiv]<\/a>\u00a0Mwango-Hebdo, \u00ab\u00a0Massacre de 1941. T\u00e9moignages de rescap\u00e9s\u00a0\u00bb, fin 1973, doc. Archives LDW. Le 30 novembre 1973, le pr\u00e9sident Mobutu avait \u00e9voqu\u00e9 le massacre dans un discours, ce qui \u00e9tait l\u2019occasion pour Mwango-Hebdo de consacrer quelques articles au drame.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref25\" name=\"_edn25\">[xxv]<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0XXXIV. Maron Alphonse, Governor of Katanga. When he massacred the people of the UMHK\u00a0\u00bb, in Andr\u00e9 Yav (compiled and written), \u00ab\u00a0Vocabulaire du ville de Elisabethville: A history of Elisabethville from its beginnings to 1965\u00a0\u00bb, Archives of Popular Swahili, Vol. 4, Issue 4, 2001. Voir aussi \u00ab\u00a0The history of Zaire as told and painted by Tshibumba Kanda Matulu in conversation with Johannes Fabian\u00a0\u00bb, First Session, Part 1, Archives of Popular Swahili, Vol. 2, Issue 2, 1998. Dans ces r\u00e9cits le leader tu\u00e9 serait L\u00e9onard Mpoy, mais Mpoy a surv\u00e9cu le drame: en 1974 il est interview\u00e9 comme t\u00e9moin du drame dans la revue Mwango: J. Fabian, \u00ab\u00a0Commenting Kalundi\u2019s comments: Notes on the ethnography of translating the \u2018Vocabulary of the town of Elisabethville&#8217;\u00a0\u00bb, Journal of Language and Popular Culture in Africa, Volume 1, Issue 3, 2001.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/#_ednref26\" name=\"_edn26\">[xxvi]<\/a>\u00a0\u00ab\u00a0La place a servi\u2026\u00a0\u00bb: Donatien Dibwe Dia Mwembu, communication par email, le 16 novembre 2018.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in Frans.PAR LUDO DE WITTE A la m\u00e9moire de L\u00e9onard Mpoy, leader de la gr\u00e8ve de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re, \u00e0 la m\u00e9moire de Jules Marchal (1924-2003), infatigable \u00ab creuseur \u00bb des archives coloniales, en vue d\u2019en extraire la v\u00e9rit\u00e9 sur le colonialisme. L\u2019Africa Museum de Tervuren [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":1898,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[32,4],"tags":[],"campagnes":[42],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1897"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1897"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1897\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1926,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1897\/revisions\/1926"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1898"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1897"},{"taxonomy":"campagnes","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/wp-json\/wp\/v2\/campagnes?post=1897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}