{"id":1450,"date":"2019-12-19T11:37:08","date_gmt":"2019-12-19T10:37:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.intal.be\/?p=1450"},"modified":"2019-12-19T11:44:23","modified_gmt":"2019-12-19T10:44:23","slug":"chili-violations-des-droits-humains-criminalisation-de-la-contestation-sociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.intal.be\/nl\/chili-violations-des-droits-humains-criminalisation-de-la-contestation-sociale\/","title":{"rendered":"Chili: violations des droits humains, criminalisation de la contestation sociale"},"content":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-nl\">Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in <a href=\"https:\/\/www.intal.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1450\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"Fr\">Frans<\/a>.<\/p><p>Tout a commenc\u00e9 l&#8217;apr\u00e8s-midi du vendredi 4 octobre, lorsque le groupe d&#8217;experts des transports publics chiliens a annonc\u00e9 la quatri\u00e8me hausse de prix des tickets de m\u00e9tro et de bus en deux ans. Cela a \u00e9galement co\u00efncid\u00e9 avec la hausse des tarifs de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;augmentation de 30 pesos du tarif du m\u00e9tro aux heures de pointe \u00e9quivaut \u00e0 30 centimes d&#8217;euro. Ce qui fait du Chili, l&#8217;un des pays dont le prix des services de transport en commun est le plus co\u00fbteux au monde. Le ministre de l&#8217;\u00e9conomie a d\u00e9clar\u00e9 que pour avoir acc\u00e8s \u00e0 un tarif inf\u00e9rieur, les utilisateurs du service de transport souterrain devaient simplement se &#8220;lever t\u00f4t&#8221;.<\/p>\n<p>La moiti\u00e9 de la population chilienne vit avec un \u00e9quivalent de 500 euros par mois. Environ un quart des revenus des habitants de Santiago est destin\u00e9 aux frais de transport. Dans les semaines qui ont suivi l&#8217;augmentation des prix, les \u00e9tudiants du secondaire ont commenc\u00e9 \u00e0 ne plus payer leur ticket de m\u00e9tro et ils ont ouvert les barri\u00e8res d&#8217;acc\u00e8s \u00e0 tous les passagers. La devise: &#8220;\u00c9luder, pas payer: une autre fa\u00e7on de se battre&#8221; a \u00e9t\u00e9 reprise par les lyc\u00e9ens et petit \u00e0 petit par d&#8217;autres utilisateurs qui ont commenc\u00e9 \u00e0 les soutenir.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des r\u00e9formes l\u00e9gislatives (imp\u00f4t, pensions, semaine de 40 heures, etc.) et d&#8217;autres encore inachev\u00e9es. Une classe politique est enferm\u00e9e dans ses propres discours, tandis que l&#8217;agenda national comprenait des sommets internationaux, tels que la Conf\u00e9rence des Nations Unies sur le changement climatique de 2019 et le Forum de coop\u00e9ration \u00e9conomique Asie-Pacifique. \u00c0 propos, ce dernier a promis d&#8217;\u00eatre le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;un accord commercial entre les \u00c9tats-Unis et la Chine, apr\u00e8s qu&#8217;un ami du gouvernement, le pr\u00e9sident Donald Trump, ait confirm\u00e9 sa pr\u00e9sence \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00e9nement qui devait se d\u00e9rouler les 16 et 17 novembre au Chili.<\/p>\n<p>Le 18 octobre, des manifestations de masse et des \u00e9meutes ont eu lieu dans diff\u00e9rentes parties de la capitale. Des bus et des stations de m\u00e9tro ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s. Dans l&#8217;apr\u00e8s-midi du m\u00eame jour, toutes les stations de m\u00e9tro \u00e9taient ferm\u00e9es. Lorsque les habitants de Santiago terminent leurs heures de travail, des millions de personnes marchent dans les rues pour se rendre chez elles. Les manifestations s&#8217;intensifient parall\u00e8lement \u00e0 leur r\u00e9pression par la police. Mais un \u00e9l\u00e9ment va changer tout ce qui est connu \u00e0 ce jour par le peuple chilien. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations n&#8217;ont pas peur et utilisent \u00e9galement leur t\u00e9l\u00e9phone pour enregistrer et signaler les violences polici\u00e8res.<\/p>\n<p>Le 19 octobre, le gouvernement instaure l&#8217;\u00e9tat d&#8217;urgence dans la capitale. Le pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era d\u00e9clare: \u00abNous sommes en guerre contre un puissant ennemi qui ne respecte rien ni qui que ce soit et qui est pr\u00eat \u00e0 utiliser la violence et le crime sans limite, m\u00eame lorsque cela signifie la perte de sa vie dans le seul but de causer le plus de d\u00e9g\u00e2ts possibles \u00bb. L&#8217;\u00e9tat d&#8217;urgence a rapidement \u00e9t\u00e9 \u00e9tendu \u00e0 d&#8217;autres r\u00e9gions du pays.<\/p>\n<h3>Le regard international<\/h3>\n<p>Dans le contexte du pass\u00e9 politique du Chili, des images de chars dans les rues et de soldats tirant sur la population civile \u00e9voquent de sombres souvenirs de la dictature civilo-militaire dirig\u00e9e par Augusto Pinochet (1973-1990). Une dictature caract\u00e9ris\u00e9e par les disparitions forc\u00e9es, les ex\u00e9cutions extrajudiciaires, la torture, le viol et l\u2019exil. Et dans laquelle toute personne qui tentait d&#8217;exercer son droit l\u00e9gitime de protester ou d&#8217;exposer son d\u00e9saccord au r\u00e9gime \u00e9tait expos\u00e9e au moins \u00e0 la prison.<\/p>\n<p>Les images qui ont commenc\u00e9 \u00e0 venir du Chili via des coll\u00e8gues journalistes, des amis et des membres d&#8217;organisations de d\u00e9fense des droits humains \u00e9taient effrayantes. Une violence irrationnelle, d\u00e9cha\u00een\u00e9e particuli\u00e8rement contre les lyc\u00e9ens qui ont allum\u00e9 l&#8217;\u00e9tincelle d&#8217;un m\u00e9contentement transversal. Malgr\u00e9 le couvre-feu impos\u00e9, les gens continuent \u00e0 manifester dans les rues. Dans tout le Chili, des manifestations pacifiques sont organis\u00e9es dans le cadre d&#8217;une ancienne tradition locale appel\u00e9e \u00abcacerolazo\u00bb consistant \u00e0 taper sur des casseroles vides et ,\u00e0 travers le bruit, \u00e0 montrer son d\u00e9saccord politique .<\/p>\n<p>Le dimanche 20 octobre, Pi\u00f1era annonce l&#8217;envoi d&#8217;un d\u00e9cret au Parlement visant \u00e0 geler la hausse du prix du ticket de m\u00e9tro. Cependant, les manifestations continuent. Il ne s\u2019agit pas des 30 pesos de hausse du ticket de m\u00e9tro, ce sont les politiques ultra-lib\u00e9rales qu\u2019ils ont connues au cours de la dictature et qui ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es par les gouvernements &#8220;d\u00e9mocratiques&#8221;. Avec des modifications de la Constitution mise en place sous la dictature &#8211; et toujours en vigueur aujourd&#8217;hui \u2013 modifications qui rendent plus efficace un mod\u00e8le cruel et individualiste et ne favorisent que le 1% des plus riches du pays.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les forces de police et l&#8217;arm\u00e9e chilienne ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre des mesures dissuasives et r\u00e9pressives contre la protestation sociale qui, loin de respecter les normes \u00e9nonc\u00e9es dans la Constitution et les lois, restreignaient ouvertement et violaient des garanties fondamentales telles que le droit \u00e0 la vie, l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 physique et psychique, la libert\u00e9 d&#8217;expression et le respect des proc\u00e9dures.<\/p>\n<p>Le lundi 21 octobre, Marc Botenga, eurod\u00e9put\u00e9 du Parti du travail de Belgique (PTB), fait une interpellation lors de la s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re du Parlement europ\u00e9en pour \u00e9voquer la situation du Chili. Il \u00e9tait soutenu par 200 d\u00e9put\u00e9s, mais la grande majorit\u00e9 l\u2019a rejet\u00e9. Cela a conduit \u00e0 l&#8217;envoi d&#8217;une &#8220;mission d&#8217;urgence&#8221; du Parlement europ\u00e9en au Chili, promue par le Groupe de la gauche unie (GUE \/ NGL).<\/p>\n<p>Le mardi 29 octobre, une lettre parrain\u00e9e par 46 d\u00e9put\u00e9s a exig\u00e9 que, tant que \u00abl&#8217;arm\u00e9e et la r\u00e9pression\u00bb seront pr\u00e9sentes dans les rues, les r\u00e9unions internationales, telles que le Sommet des Nations Unies sur le climat (COP25), pr\u00e9vue pour d\u00e9cembre prochain au Chili, ne soient pas organis\u00e9es.<\/p>\n<p>Les 28, 29 et 30 octobre, les d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens Idoia Villanueva et Miguel Urb\u00e1n, de la coalition espagnole Unidas Podemos, se sont rendus dans le pays o\u00f9 ils ont rencontr\u00e9 une cinquantaine d&#8217;organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des syndicats. Ils ont ensuite r\u00e9dig\u00e9 un rapport et envoy\u00e9 une lettre \u00e0 la haute repr\u00e9sentante de l&#8217;Union des affaires \u00e9trang\u00e8res et la politique de s\u00e9curit\u00e9, Federica Mogherini. Dans cette lettre, il est demand\u00e9 \u00e0 Mogherini d\u2019interf\u00e9rer aupr\u00e8s des autorit\u00e9s chiliennes pour qu\u2019elles mettent fin \u00e0 la r\u00e9pression de la contestation sociale. En outre, la haute repr\u00e9sentante europ\u00e9enne est pri\u00e9e dans cette lettre de r\u00e9clamer des informations et des explications sur les agissements des forces arm\u00e9es et de la police. Enfin, la lettre demande une position publique de l&#8217;UE dans le sens de la \u00ab solidarit\u00e9 \u00bb avec le peuple chilien.<\/p>\n<p>A l&#8217;escalade des d\u00e9nonciations s&#8217;ajoutent celles de 14 membres du Parlement du Royaume-Uni favorables \u00e0 une discussion sur la situation du Chili. La motion a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par un groupe transversal comprenant des l\u00e9gislateurs du parti d\u00e9mocrate lib\u00e9ral, du parti travailliste, du parti nationaliste \u00e9cossais et du conglom\u00e9rat gallois Plaid Cymru. Les points \u00e0 souligner ont trait \u00e0 la condamnation de la d\u00e9claration du Pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era selon laquelle le gouvernement chilien est en guerre. Cela aurait en effet engendr\u00e9 un contexte de violence. Ils ont \u00e9galement exprim\u00e9 leur profonde pr\u00e9occupation devant les nombreuses all\u00e9gations de violations des droits humains et de violences sexuelles pr\u00e9sent\u00e9e par l&#8217;agence nationale des droits humains.<\/p>\n<p>Ces questions, venant de la communaut\u00e9 internationale, portent sur la responsabilit\u00e9 pr\u00e9sidentielle \u00e9ventuelle dans les violations des droits humains. Ces questions, qui se basent sur des statistiques fournies quotidiennement par l&#8217;Institut national des droits humains INDH, constituent une autre des grandes raisons pour lesquelles le gouvernement de Pi\u00f1era a annonc\u00e9 le 30 octobre l&#8217;annulation des sommets pr\u00e9vus. Selon des sources gouvernementales, le fait d&#8217;organiser de tels \u00e9v\u00e8nements internationaux aurait impliqu\u00e9 de mettre encore plus en lumi\u00e8re les accusations de violation de droits humains, compte tenu des milliers d\u2019\u00e9trangers attendus au Chili.<\/p>\n<h3>Rapports sur les droits humains<\/h3>\n<p>Des organisations internationales telles que la Commission inter-am\u00e9ricaine des droits humains (CIDH); Human Rights Watch et Amnesty International ont envoy\u00e9 des observateurs et publi\u00e9 des rapports convaincants sur la situation de r\u00e9pression du droit l\u00e9gitime de manifester au Chili.<\/p>\n<p>Selon les rapports de HRW et d&#8217;Amnesty, les policiers ont agi avec brutalit\u00e9, mais ils diff\u00e8rent sur la cause de cette violence et les responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le 21 novembre, Amnesty International communique le r\u00e9sultat d&#8217;une mission sp\u00e9ciale (\u00e9quipe de crise) qui s&#8217;est rendue au Chili. Le rapport commence par sa conclusion principale: \u00abLes forces de s\u00e9curit\u00e9 plac\u00e9es sous le commandement du pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era &#8211; principalement l&#8217;arm\u00e9e et la police (la police nationale) &#8211; commettent de nombreuses attaques, employant inutilement et de mani\u00e8re excessive la force avec une volont\u00e9 de nuire et punir la population qui se manifeste \u00bb.<\/p>\n<p>Le rapport est structur\u00e9 en plusieurs sections qui traitent chacune des crimes de droit international, de violations graves des droits humains, de l&#8217;intention et de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 (recours mortel \u00e0 la force, torture et mauvais traitements, blessures graves et armes potentiellement meurtri\u00e8res) et de la limitation du travail des personnes d\u00e9fendant les droits humains. Les principales recommandations d&#8217;Amnesty International sont les suivantes: cesser la r\u00e9pression, enqu\u00eater sur les violations, r\u00e9pondre aux demandes sociales et r\u00e9former la police .<\/p>\n<p>Le rapport HRW a \u00e9t\u00e9 rendu public le 26 novembre et \u00e9tait le r\u00e9sultat d&#8217;une mission sp\u00e9ciale (dirig\u00e9e par le directeur pour les Am\u00e9riques) qui s&#8217;est \u00e9galement rendue dans le pays. Sa principale conclusion est que: \u00ables membres de la police nationale chilienne ont commis de graves violations des droits humains, notamment un recours excessif \u00e0 la force dans les rues et des violences en d\u00e9tention, \u00e0 la suite des manifestations massives qui ont d\u00e9but\u00e9 le 18 octobre, 2019 et ils ont continu\u00e9 \u00e0 les commettre pendant plusieurs semaines \u00bb.<\/p>\n<p>Ce rapport signale l&#8217;utilisation sans discernement et de mani\u00e8re abusive d&#8217;armes \u00e0 feu, d&#8217;autres blessures caus\u00e9es par la police, des probl\u00e8mes de d\u00e9tention, de maltraitance, d&#8217;abus sexuels et de torture pendant la d\u00e9tention et d&#8217;une responsabilit\u00e9 insuffisante de la part de la police. En outre, il traite des conditions dans lesquelles la police effectue son travail et se termine par une section sur le recours \u00e0 la force. Ses recommandations sont ax\u00e9es sur la police et sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;investigation des abus.<\/p>\n<p>Les points communs des deux rapports peuvent \u00eatre mis en \u00e9vidence. Tous deux se rendent compte de la gravit\u00e9 des violations des droits humains perp\u00e9tr\u00e9es au Chili depuis le 18 octobre: ils signalent des cas de torture, de harc\u00e8lement sexuel, d&#8217;utilisation arbitraire de la d\u00e9tention de manifestants et d&#8217;utilisation aveugle d&#8217;armes non l\u00e9tales, celles qui ont caus\u00e9 des blessures graves aux manifestants. Les chiffres montrent la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de ces violations et de celles qui se sont \u00e9tendues dans le temps et dans les diverses r\u00e9gions du pays. Ils signalent \u00e9galement le manque de mesures efficaces prises par les autorit\u00e9s pour pr\u00e9venir ces violations et corriger les pratiques r\u00e9pressives de mani\u00e8re efficace et les sanctionner. Enfin, ils conviennent de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9forme en profondeur du fonctionnement de la police du Chili.<\/p>\n<h3>Et qui est responsable?<\/h3>\n<p>Pour HRW, les responsabilit\u00e9s incombent au haut commandement, tandis que pour AI, celles-ci sont entre les mains du pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era. Les deux organisations diff\u00e8rent \u00e9galement quant \u00e0 savoir si la violence a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matique. Cette derni\u00e8re est pertinente pour d\u00e9terminer d\u2019une part la responsabilit\u00e9 politique des autorit\u00e9s, une question qui r\u00e9soudra les accusations constitutionnelles port\u00e9es contre le pr\u00e9sident et son ancien ministre de l\u2019int\u00e9rieur. Et il est \u00e9galement d\u00e9cisif de pr\u00e9ciser la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des crimes contre l&#8217;humanit\u00e9. Si les tribunaux ne constatent pas cette syst\u00e9matisation, &#8220;un seul des \u00e9l\u00e9ments qui d\u00e9finissent les crimes contre l&#8217;humanit\u00e9 est \u00e9limin\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p>Une autre diff\u00e9rence r\u00e9side dans la port\u00e9e des deux \u00e9tudes, celle d\u2019Amnesty International qui enqu\u00eate sur les actions des policiers ainsi que sur celles des forces arm\u00e9es dans le cadre de l\u2019\u00e9tat d\u2019exception. Bien que HRW se limite \u00e0 une analyse de la police.<\/p>\n<p>Il convient de noter que le rapport de HRW aborde les conditions de travail des policiers, une question qui d\u00e9passe techniquement le cadre d\u2019un rapport sur les droits humains et qui semble plut\u00f4t une concession compte tenu de sa dure analyse du fonctionnement de l&#8217;institution.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment \u00e9vident est qu&#8217;une discussion a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e sur la &#8220;syst\u00e9matisation&#8221; des violations des droits fondamentaux avec une grande force. L\u2019origine de cette situation est une interview malheureuse du directeur de l\u2019INDH, Sergio Micco, sur une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision (Channel 13). Dans cet ordre d&#8217;id\u00e9es, le rapport d&#8217;Amnesty International est tr\u00e8s mauvais par rapport \u00e0 la strat\u00e9gie du gouvernement et celui de HRW y est tr\u00e8s fonctionnel.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la communication, le d\u00e9bat sur les violations syst\u00e9matiques des droits humains est non pertinent en termes de responsabilit\u00e9 des \u00c9tats, car pour l&#8217;\u00e9tablir, il suffit que des violations des droits humains se soient produites. Lorsqu&#8217;elles sont graves et massives, les m\u00e9canismes de protection internationaux sont activ\u00e9s, comme cela a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 le cas pour le Chili. Le caract\u00e8re syst\u00e9matique des violations est \u00e9valu\u00e9 de mani\u00e8re plus vague, pour les diff\u00e9rencier d&#8217;actes isol\u00e9s ou al\u00e9atoires. Le but est de diriger l&#8217;action de surveillance internationale et, par cons\u00e9quent, la pression politique, vers les autorit\u00e9s qui ont le pouvoir de mettre fin aux pratiques qui causent les violations; et, lorsque des cas individuels sont jug\u00e9s, pouvoir renforcer la responsabilit\u00e9 et imposer des mesures de r\u00e9paration plus intenses.<\/p>\n<p>Cependant, cette question cesse d&#8217;\u00eatre fondamentale lorsqu&#8217;il est question de responsabilit\u00e9 politique des autorit\u00e9s politiques. Dans la mesure o\u00f9 les violations des droits humains sont des actes limit\u00e9s aux actes ill\u00e9gaux d\u2019agents de police identifi\u00e9s individuellement, les possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9tablir des responsabilit\u00e9s constitutionnelles sont moins grandes que si une conduite contr\u00f4l\u00e9e par les autorit\u00e9s \u00e9tait d\u00e9montr\u00e9e. Ce probl\u00e8me sera r\u00e9solu dans le cadre des accusations constitutionnelles devant \u00eatre r\u00e9solues par le Parlement chilien.<\/p>\n<h3>Et maintenant quoi?<\/h3>\n<p>La publication des rapports de la mission du Haut Commissariat des Nations Unies et la visite dans le pays de la CIDH ainsi que le rapport correspondant sont toujours attendus. En raison de la rapidit\u00e9 avec laquelle les \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent, ces rapports seront \u00e9valu\u00e9s sous d\u2019autres param\u00e8tres que ceux de AI et HRW. Une fois \u00e9tablies les violations qui ont \u00e9t\u00e9 commises, ces rapports devraient aborder des th\u00e8mes plus fondamentaux: les causes des manifestations, les actions des autorit\u00e9s, les facteurs institutionnels qui ont influenc\u00e9 les violations graves des droits fondamentaux, les manquements en termes de d\u00e9mocratie et de participation dans le pays, les difficult\u00e9s pour une protection efficace des droits humains et des mesures \u00e0 prendre pour conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, rendre justice et indemniser les victimes.<\/p>\n<p>Ce ne sont l\u00e0 que les premiers r\u00e9sultats des m\u00e9canismes de surveillance internationaux mis en place dans un contexte en pleine mutation, o\u00f9 les violations des droits humains n&#8217;ont pas cess\u00e9 et o\u00f9, par cons\u00e9quent, la pression internationale reste un \u00e9l\u00e9ment fondamental pour la protection de ces droits au Chili, comme c&#8217;\u00e9tait pendant la dictature.<\/p>\n<p><strong>Sources:<\/strong> Publicaci\u00f3n de declaraci\u00f3n de Amnesty International. Informe oficial de Human Rights Watch,\u00a0 Informe de la Misi\u00f3n Internacional de Observaci\u00f3n de Derechos humanos integrada integrada por la Organizaci\u00f3n Mundial contra la Tortura (OMCT), Front Line Defenders, Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS, Argentina), Liga Argentina por los Derechos Humanos \u2013 FIDH, Comit\u00e9 por los Derechos Humanos en Am\u00e9rica Latina (CDHAL, Canad\u00e1), Art\u00edculo 19 (Brasil); CTA &#8211; Aut\u00f3noma (Argentina), Madres Plaza de Mayo-L\u00ednea Fundadora y Per\u00fa Equidad. Publicaci\u00f3n an\u00e1lisis de Claudio Nash Rojas, Acad\u00e9mico Universidad de Chile, doctor en Derecho, Coordinador C\u00e1tedra de Derechos Humanos de la Universidad de Chile. Ciper-Chile.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in Frans.Tout a commenc\u00e9 l&#8217;apr\u00e8s-midi du vendredi 4 octobre, lorsque le groupe d&#8217;experts des transports publics chiliens a annonc\u00e9 la quatri\u00e8me hausse de prix des tickets de m\u00e9tro et de bus en deux ans. Cela a \u00e9galement co\u00efncid\u00e9 avec la hausse des tarifs de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. 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