Colombie: retour à la guerre sale?

Alors que le monde entier se félicite d’un deuxième accord de Paix en Colombie, un climat de terreur regagne les campagnes ...  

Un premier accord négocié pendant 4 ans entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC avait été  rejeté par référendum le 2 octobre dernier.  L’extrême droite, représentée par l’ancien président colombien, Alvaro Uribe, s’est alors sentie poussé des ailes pour exiger sa participation aux négociations du nouvel accord. Ce deuxième accord, qui sera vraisemblablement et très prochainement soumis au vote du parlement colombien, modifie 56 des 57 articles contenus dans le premier accord.

En obtenant que les FARC ne puissent pas se présenter aux élections, l’extrême droite vise clairement à empêcher une reconversion des Farc à la vie politique.Pour l’extrême droite, les accords de paix ont un seul objectif: obtenir la "reddition négociée" des Farc et empêcher que ceux n’obtiennent des avancés politiques en tant qu’acteur politique.

Faire taire politiquement les Farc n’éliminera pas pour antant la question cruciale de la terre et de la réforme agraire, ni celle de la restitution des terres prévue dans l’accord de paix. Les grands propriétaires fonciers, ainsi qu’un large secteur d’éleveurs, proches du paramilitarisme, verront leurs intérêts menacés avec la mise en application du premier point des accords. Depuis la signature de ce deuxième accord, on assiste à une vague d’élimination physique des leaders paysans. Sont clairement visés les militants partisans d’un accord de paix et d’une réforme agraire.

Au cours des deux dernières semaines, quatre personnes au moins ont été assassinées dans la province de Caqueta (sud), et une personne dans la province de Meta (centre). Les organisations sociales dénoncent les assassinats systématiques de leaders paysans. En outre, les dirigeants et les défenseurs des droits des paysans exigent l’application immédiate du chapitre de l'accord concernant les garanties de sécurité. La ratification de l’accord devient une urgence pour garantir leur survie.

Retour à une guerre sale ?

Cette escalade d’assassinats et de tentatives d’assassinats des militants pour la paix fait craindre un retour à la guerre sale. La plupart des leaders assassinés étaient membre du mouvement politique et social Marcha Patriotica.  "Ceci se produit juste au moment où nous sommes sur le point d'approuver et de mettre en œuvre les accords de paix. Nous ne doutons pas que ce soit un message contre les dirigeants de la paix et Marcha Patriotica". D’après le Sénateur, Ivan Cepeda, depuis 2012 il y aurait eu 123 membres de Marcha Patriotica assassinés, dont 16 pour la seule année 2016.

La mission d'appui au processus de paix en Colombie de l'Organisation des Etats américains (OEA) a fait part dimanche dans un communiqué de "sa préoccupation" au sujet de la sécurité des élus et militants locaux, citant un rapport récent faisant état de 33 élus ou militants locaux assassinés en 2016.

La mission souligne "les conditions de sécurité difficiles vécues par les membres des organisations locales et communales, des personnes historiquement victimes du conflit" armé entre gouvernement et guérillas, qui dure depuis plus d'un demi-siècle et a fait officiellement 260.000 morts, près de 7 millions de déplacés et quelque 45.000 disparus.

 Nous rejetons et condamnons ces événements comme une attaque directe à la paix. Nous demandons aux autorités belges de faire pression auprès du gouvernement colombien pour que ce dernier prenne des mesures immédiates, recherche et trouve les responsables des meurtres; assure la protection et la sécurité des militants pour la paix dans le cadre de l’application immédiate du chapitre relatif aux mesures de garanties et de sécurité.

Nous appelons aussi les organisations de solidarité internationale à rester vigilantes à la situation des droits humains en Colombie. Nous vous attendons nombreux le 8 décembre 2016 pour dénoncer les assassinats des défenseurs des droits humains en Colombie. Stop The Killing.

Nous adressons nos vœux de solidarité, de camaraderie et de réconfort aux familles des victimes, autant de motifs pour ne pas faiblir dans la recherche de la paix.

#NosEstanMatando

#QueLaPazNoCuesteUnaVidaMas

 #ImplementacionYa

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