« Le gouvernement Ghannouchi n'est qu'une compilation de l'ancien régime »

Ce matin, nous rencontrons le PCOT (le Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie) et son président Hamma Hammami. Première question: Qu'en est-il du gouvernement de Ghannouchi (gouvernement de transition mené par le ministre de l'intérieur de Ben Ali)? Leur position est très claire: « Le gouvernement a été élargi sous la pression populaire mais il n'est qu'une compilation de l'ancien régime».

 
Hamma Hammami est critique et insiste sur la récupération de la révolution par le gouvernement transitoire. Récupération parce qu'il l'a réduit à quelques faits: libération des prisonniers politiques, démusèlement de la presse, organisation de nouvelles élections d'ici six mois. Ou encore la désignation d'une comission d'enquête sur la corruption sous Ben Ali (commission désignée par le gouvernement composé des membres du RCD -  parti de Ben Ali - et non votée par le peuple).
 
Or ce que veulent les Tunisiens, ce n'est pas un changement de remaniment mais l'abrogation de l'ancienne constitution afin de jouir d'une réelle liberté politique, que ça soit au niveau de l'organisation des partis que de la liberté d'expression. Alors, le gouvernement Ghannouchi ne représente pas une alternative démocratique? « Non car il est encore composé de ministres RCD et il n'a pas été légitimé par le peuple. Ce gouvernement ne veut même pas dissoudre la police politique ».
 
Mais alors qu'est-ce qui a réellement changé? « Ce qui a changé c'est que les gens ont arraché quelques espaces de pouvoir: au niveau local, dans certains villages les comités populaires crées au début des évènements ont pris le pouvoir dans les administrations. Partout ailleurs, les comités populaires se sont organisés pour défendre leurs quartiers. La population a fait sa révolution en se basant sur ses propres forces ». Parallèlement à cela, les gens ont «  arraché leur liberté », c'est ce que nous répètent tous les gens que nous rencontrons. « Les gens n'ont plus peur: ils osent manifester et se mettre en grève. Les gens sont pressés, ils ont des revendications qui datent depuis des années, aujourd'hui, ils exigent des réponses ».

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