Que le monde le sache : Santos trompe les indigènes du Cauca

Que le monde le sache : Santos trompe les indigènes du Cauca et les Águilas Negras déchaînent la terreur paramilitaire

Horacio Duque Giraldo (de Prensa Rural, Colombie)

Terrorisme d'État
La méthodologie utilisée par l'oligarchie colombienne pour étouffer et décapiter les mouvements populaires n'est pas nouvelle. Les conquistadores espagnols l'ont utilisée au XVIe siècle avec les aborigènes de tout le territoire: ils les trompaient avec des promesses et des subterfuges pour ensuite les assassiner ou les réduire en esclavage. Le soulèvement des Comuneros dans le Socorro y Santander, à la fin du XVIIIe siècle, a subi le même traitement de la part de l'aristocratie coloniale hispanique, quia commencé par simuler la condescendance et une fois démobilisés les artisans, les a torturé et écartelés sans pitié.

C'est le même schéma ancien que l'on applique aux indigènes Nasa du Cauca qui ont lancé, il y a quelques jours, une mobilisation pour la paix et contre la violence militaire, dans le but de les démobiliser, de les confondre, de semer la déroute parmi eux pour ensuite les faire disparaître avec les groupes paramilitaires organisés à cet effet.

On leur a dit qu'on allait négocier, que leurs réclamations seraient traitées par des fonctionnaires très compétents et courtois, comme certains de la présidence qui appartiennent aux vieilles familles traditionnelles de Popayán, spécialisés dans les arts diplomatiques, pour rouler les dirigeants populaires et les renvoyer les mains vides.

Les procédures imposées par les délégations officielles de Bogotá font partie d'une technologie politique de contrôle et de domination, perfectionnée au cours du temps, pour écraser les soulèvements et les insurrections populaires dans notre pays.
Ils ont commencé, au plus fort de la rébellion, par tout proposer. Cependant, à mesure que les jours passaient, ils ont procédé à la composition optimale du cadre des négociations pour empêcher la reconnaissance des demandes et des revendications des Nasa.

Ils ont différé les réunions, stigmatisé dans les médias, accusé les dirigeants indigènes, comme le fit le Ministre de la Défense, d'être des infiltrés de la guérilla, semé la confusion dans l'opinion publique pour qu'elle abandonne la solidarité nécessaire dans ces événements, et dans le même temps, on a vu apparaître des communiqués terroristes et menaçants des Águilas Negras, une organisation paramilitaire censée avoir été démantelée par Uribe Velez mais qui réapparaît récemment, comme par magie, où que ce soit, pour intimider les citoyens protestataires et les opposants au régime.

Donc, ce samedi 28 juillet 2012, les indigènes et leurs délégués aux tables de dialogue et de négociation se sont déclarés en assemblée permanente à Popayán parce que le gouvernement de Santos ne tient pas ses promesses et que ses Ministres ne se montrent pas aux sessions de consolidation des accords. Seuls y assistent des fonctionnaires de rang inférieur cherchant à gagner du temps pour faire échouer les commissions populaires qui ont soulevé des points concrets et immédiats de nature à résoudre la problématique de la violence qui règne dans le Nord du Cauca, sous la coupe d'un régime militaire atroce qui perturbe et rompt la tranquillité de la zone.

Les Águilas Negras surgissent par surprise dans le courant de cette semaine pour apporter leur part et, au moyen de pamphlets menaçants, diffusent des listes publiques de dirigeants qui seront assassinés s'ils n'abandonnent pas leurs foyers au plus vite. Cette force paramilitaire, dont tout le monde sait d'où elle vient et quel rôle elle joue, a ordonné des couvre-feux, des horaires de réclusion dans les foyers, des assemblées d'avertissement et de rassemblement dans des lieux spéciaux, dans les quartiers où se trouvent les bataillons du Plan Espada de Honor, pour prévenir de ce qu'il adviendra si les indigènes ne renoncent pas à leurs réclamations et à leurs demandes concernant leurs droits fondamentaux, tels que la paix, première préoccupation de la majorité des habitants de Corinto, Miranda, Jambaló, Santander de Quilichao et Tacueyó.

Nous en appelons à la solidarité avec les indigènes du Cauca. Il importe de dénoncer avec force ce qui est en train de se passer.

Que le monde le sache.

Prensa Rural

 

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