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Arrêter la main destructrice de ENDESA-ENEL dans l’Amazonie colombienne
Véronique Coteur

 
 

Bien que les entreprises propriétaires du projet hydroélectrique El Quimbo se déclarent au niveau international comme productrices d'« énergie verte », les communautés de la région, les paysans et les pêcheurs artisanaux les voient d'un autre œil. Ils sont totalement opposés à ce mégaprojet et maintiennent un barrage devant le chantier. C'est là qu'ils tiennent des assemblées de protestation depuis le 8 janvier 2012. Le 14 février, des opposants au projet ont été délogés par la violence. Les fusils de l'ESMAD, groupe anti-émeutes colombien, visaient uniquement la liberté de mouvement de l'entreprise pour poursuivre ses travaux.

 


 
Sur sa page web d'information sur le projet El Quimbo, l'entreprise EMGESA dit s'engager « socialement et culturellement avec la communauté » et adapter ses « stratégies entrepreneuriales à la préservation de l'environnement ». Rien n'est plus éloigné de la réalité.
 
Le 06 mars prochain, cette filiale des multinationales espagnole ENDESA et italienne ENEL va porter un coup au cœur de l'Amazonie colombienne. Ce jour-là, elle se propose de commencer à détourner le cours du grand fleuve de La Magdalena. Ce fleuve assure actuellement la fertilité des vallées qui l'entourent sur un cheminement sinueux de 1.500 kilomètres.
 
La déviation du fleuve fait partie de la construction irrégulièrement approuvée du mégaprojet hydroélectrique de El Quimbo. Le barrage inondera 6 villes au sud du département du Huila, entre le Massif colombien et l'embouchure du fleuve Páez dans le Magdalena. Il est prévu que la retenue de El Quimbo couvrira une surface de 8.560 hectares et s'étendra sur 5 km, faisant disparaître le fleuve et la jolie vallée où l'agriculture, la faune et la pêche sont riches, et privant la population d'un moyen de transport nécessaire. Il s'agit d'un territoire d'une grande richesse archéologique, culturelle, sociale et historique. Pour le projet hydroélectrique, 7500 hectares ont été prélevés sur la Réserve forestière de l'Amazonie.
 
La multinationale italo-espagnole effectue un investissement de 700 millions de dollars. Le gouvernement colombien a donné à la multinationale des facilités extraordinaires pour faire et défaire. Résultat : déplacement et pertes d'emplois. Seuls s'enrichissent les propriétaires de la multinationale (en 2011, un bénéfice net de 372,7 millions de dollars), un secteur de l'oligarchie colombienne et les fonctionnaires qui ont délivré des licences environnementales entachées d'irrégularités. Aucun profit n'ira aux habitants de la région ni au peuple espagnol qui se débat dans la crise la plus profonde, laquelle, comme toujours, sera payée par ceux d'en bas. Pendant ce temps, les multinationales poursuivent le pillage de territoires étrangers sans aucune forme de contrôle, détruisant l'environnement et dépouillant la population locale.

Plus d'informations : http://www.es.lapluma.net et Expansion.com

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