Laurent-Désiré Kabila : itinéraire d’un patriote et d’un anti-impérialiste

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Voici vingt ans, le 17 mai 1997, les troupes de l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération du Congo (AFDL en abrégé) libéraient Kinshasa. Elles mettaient ainsi fin à trente-deux années d’un pouvoir qui avait détruit le pays. Le leader de ses troupes était Laurent-Désiré Kabila. A l’occasion de cet anniversaire, il nous semble intéressant de revenir sur cette personnalité congolaise.

Ce Baluba du Nord-Katanga a déjà une longue histoire derrière lui. Elle coïncide avec les rébellions des années soixante. En effet, malgré l’indépendance officielle, la Belgique entend traiter le Congo comme son arrière-cour. L’objectif est de tout faire pour mettre des bâtons dans les roues du Premier ministre démocratiquement élu Patrice Lumumba. Cela aboutira à l’assassinat de celui-ci en 1961. Mais ses partisans continueront le combat.

En 1963, ils créent le Conseil National de Libération (CNL). C’est ce Conseil qui enverra Laurent-Désiré Kabila l’année suivante au Congo pour lancer des actions de lutte. Il met sur pied une Armée Populaire de Libération qui va de victoire en victoire. Le pouvoir néocolonial est menacé. Cela amène la Belgique et les USA à soutenir celui-ci par l’envoi de nombreux mercenaires. Le Congo est reconquis. Seul résistera le maquis de Kabila à Fizi. Maquis auquel un certain Ernesto Che Guevara séjournera, dans le cadre de la solidarité avec l’Afrique dans la lutte anti-impérialiste.

Sa lutte finira par aboutir en 1997 à la chute du pouvoir mobutiste, lâché par les Occidentaux après des années de soutien sans faille. Et cela dans une décennie ou l’impérialisme régnait sans partage. Laurent-Désiré Kabila allait pouvoir s’atteler à la tâche de reconstruire un pays démoli. Il affirme sa volonté d’indépendance nationale authentique, refusant de payer la dette de son prédécesseur et encourageant la mise en place des Comités de Pouvoir Populaire (CPP).

Mais en août 1998, le Congo doit affronter une agression des armées rwandaise et ougandaise. Cette agression est perpétrée avec la complaisance des Occidentaux, qui n’apprécient pas la volonté d’indépendance de Kabila. Dans Kinshasa assiégée, le leader parvient à galvaniser la résistance populaire face à l’envahisseur. Celui-ci est repoussé avec l’aide de l’Angola et du Zimbabwe. La guerre se relocalise à l’est du pays, avec son cortège d’horreurs...

Kabila périt assassiné le 16 janvier 2001, soit presque quarante ans jour pour jour après Lumumba. « Ne jamais trahir le Congo » était sa devise.

A l'occasion des vingt ans jour pour jour de la libération de Kinshasa par les troupes du leader congolais, le groupe Congo d'intal a organisé une conférence. Celle-ci s'est déroulée à l'Horloge du Sud et a été dispensée par Tony Busselen, auteur du livre "Une Histoire populaire du Congo" (éditions Aden).  

La vidéo peut être visionnée à l'adresse suivante : 

https://youtu.be/fcly3W-yxYU

Quant à la bande-son, elle peut être auditionnée ici :

https://soundcloud.com/intal-congo/conference-qui-etait-laurent-desire-kabila-17-mai-2017

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