49 ans d’indépendance : Quelle lecture socio-politique pour la République Démocratique du Congo?

Ce mardi 30 juin, la République Démocratique du Congo a célébré le 49ème anniversaire de son indépendance. L'occasion pour le peuple congolais et sa classe dirigeante de se demander «qu'avons-nous fait de cette indépendance qui a suscité tant d'espoir et qui nous a tant coûté?».

Dans toutes les grandes villes du pays, des défilés ont été organisés pour montrer l’intérêt que les Congolais portent à cet événement. Pour la circonstance, le président de la République, Joseph Kabila Kabange s’est rendu à Goma où un cortége a eu lieu. En bon père de famille, il a voulu commémorer cet anniversaire aux côtés d'une population meurtrie par les interminables guerres d’agression qui frappent le pays.

Aujourd'hui, personne n’ignore que l'ex-colonie belge du Congo regorge de richesses naturelles. Pourtant, ses masses populaires affrontent quotidiennement de difficiles conditions de vie.

Quel bilan, après 49 ans d'indépendance?

Quelques mois après l’indépendance, le pays a connu des coups d’Etat dont le plus chaotique reste celui préparé et réalisé par le général Mobutu (1). Le régime dictatorial qu'il instaure est marqué par la gabegie, les pillages organisés, la chasse aux nationalistes notamment les partisans de Patrice Lumumba et la destruction de tous les secteurs d'activité ( économie, santé, éducation, etc.).

Il faudra attendre de nombreuses années, pour que l'insurrection populaire dirigée par Laurent Désiré Kabila renverse ce régime sanguinaire, que l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila et la signature des accorts de Sun City permettent la tenue d'élections libres, démocratique et transparentes. Ces dernières considérées par tous les observateurs comme un premier «acquis» mettent un terme à la crise de légitimité du pouvoir.

Tel est du moins le point de vue partagé par les militants d'Etoile du Sud (EDS).

Malgrè tout, le Congo n'est pas sorti de l'ornière. La route à parcourir est encore longue. Chaque Congolais attaché au devenir de son pays doit en être conscient et se mettre au travail pour contribuer à l’amélioration de la nation.

Cette position n’est apparemment pas celle de l’opposition qui tel un poids mort tente de faire chavirer le bateau du gouvernement.

Que représente la date du 30 juin pour les Congolais?

En ce qui concerne l’héritage de l’indépendance, le peuple congolais considère qu'il a été trahi par les différents dirigeants qui se sont succédés à la tête de l'Etat. C'est ce qui ressort des nombreux avis que nous avons recueillis auprès de Kinois. Ainsi M. Théodore Mbazi, un retraité de l’armée âgé d'une septantaine d'année s'est montré extrêmement amer. Pour lui, les générations montantes n'accordent pas suffisamment de valeur à cette journée. «Beaucoup de gens ont péri. Ils ont donné le meilleur d’eux-même, leur vie pour l’indépendance… Et voilà comment ils sont remerciés… en escamotant leur mémoire! Ces gens qui se comportent comme en territoire conquis en privilégiant leurs propres intérêts répondront tôt ou tard de leurs actes devant l’histoire ».

Par ailleurs, Théodore Mbazi et nombre de ses concitoyens considèrent que le peu de Congolais qui sont prêts à servir leur pays sont trahis par leurs propres frères au profit des étrangers. C'est dangereux, concluent-ils.

Pour la plupart des jeunes, le 30 juin est un jour de joie, le jour où leur pays est devenu libre. Mais leur réflexion s’arrête là car ils méconnaissent l'histoire nationale et plus particulièrement les événements du 30 juin. C'est dommage car un jour, ils seront appelés à servir la nation. Le commun des mortels est déçu en constatant que le Congo est encore à ce jour incapable de faire un pas de géant et d'avancer. C’est pourtant tout ce que l’Afrique attend de notre pays. Et, nous le savons, il en est capable!

 

(1) et le groupe de Binza

* Dr Jérôme Ntangu, Médecin militant de la santé, Etoile du Sud.
* Sylvie Luzala, chargée de la communication et des médias, Etoile du Sud
 

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