Résolution d’intal sur les relations belgo-congolaise à l’occasion des 50 ans de l’indépendance du Congo

Cinquante ans après son indépendance, le combat pour une véritable indépendance reste d’actualité pour le peuple congolais


Aujourd’hui, après des années d'interventions étrangères, le peuple congolais veut maintenir et défendre l’unité de son pays. Pourquoi la Belgique ne pourrait-elle pas la rejoindre dans cet effort et, conformément au droit international, condamner et combattre toute atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo?


Comme mouvement de solidarité belge, nous voulons que notre pays contribue véritablement au développement de la République démocratique du Congo et à la promotion des droits sociaux de la population. Le droit au développement, à la santé, à l’enseignement doivent être réalisés pour tous. Dans quelle mesure pouvons-nous compter sur le gouvernement belge pour une telle réalisation – et sur des entreprises belges – là est la vraie question. Mais ce que nous savons, c’est que les gens ordinaires en Belgique et en RDC – hommes et femmes, jeunes et vieux, étudiants, travailleurs et chômeurs – ont un intérêt commun pour créer des rapports mondiaux meilleurs, plus sociaux et plus justes. C’est pour cela que nous voulons prendre nos responsabilités et développer une coopération tous azimuts.

Avec notre mouvement, intal, nous voulons relever le défi afin de donner l’occasion à des tas de jeunes, syndicalistes et activistes Nord-Sud de travailler d’une façon créative, accessible et solidaire avec les Congolais. En même temps, nous collaborons avec un large éventail de personnes et d'organisations qui réfléchissent ensemble et agissent autour de relations d'amitié justes entre la Belgique et la RDC.

1. Intal demande à la Belgique de soutenir auprès des instances internationales l'annulation pure et simple de la dette du Congo

Le gouvernement congolais paye aujourd'hui 20 à 25% de son budget pour payer une dette laissé par la dictature mobutiste. Il s'agit d'une dette odieuse dont le peuple et l'Etat congolais n'a jamais tiré un quelconque profit. Il faut arrêter le jeu de chantage par le Fonds Monétaire Internationale et les gouvernements occidentaux qui brandissent cette dette pour imposer leurs dictats. Il faut l'annulation sans condition et immédiate de la totalité de cette dette.

2.Intal demande la mise en place d’une commission mixte d’experts indépendants et de personnes issues de la société civile chargés d’évaluer les dédommagements dus par la Belgique au Congo

Ces dédommagements sont dus de part la politique de la colonisation et également de néo-colonialisation des différents gouvernements belges qui se sont succédés depuis l’indépendance.

  • Les millions de congolais morts à cause de la politique criminelle de Léopold II.
  • Le pillage des richesses congolaises lors de la colonisation.
  • L'exploitation à outrance et les travaux forcées qui ont connus leurs apogées lors de la deuxième guerre mondiale alors que le Congo finançait le gouvernement belge en exil à Londres et contribua à la victoire contre le nazisme.

Un fond de dédommagement permettrait de contribuer à la restauration de l'économie congolaise et de l'état congolais. Ce fond doit être financé par des impôts sur les grosses fortunes des Belges qui se sont enrichis grâce à la colonisation et la dictature mobutiste.

3. Intal demande le respect des lois congolaises

Parce que les congolais ne sont pas des outils, les entreprises, administrations (ambassade et consulats belges) organisations belges actives au Congo doivent elle aussi respecter les lois congolaises.

Les entreprises belges, présentes et à venir en RDC, sont tenues de respecter la loi du 16 octobre 2002 portant Code du Travail congolais promulgué en 2002 par le Président Joseph Kabila.

La compagnie sucrière du Kwilu-Ngongo présente dans le Bas-Congo, accusée de pollution énorme, de non respect des conditions de travail, est détenue en majorité par la groupe Finasucre où l’on retrouve comme membres du conseil d’administration les familles Lippens et Boël à savoir les plus grosses fortunes belges.

4. Intal demande le rétablissement d’une vérité historique dans les manuels scolaires en Belgique

Ainsi l'histoire du Congo est traité en Belgique pas comme l'histoire des congolais mais plutôt comme un exploit belge remballé dans un discours justificatif et paternaliste. Nous exigeons du gouvernement belge et ses institutions comme le Musée de Tervuren une réelle collaboration avec le gouvernement et les académiciens congolais pour que les écoles en Belgique dispensent un enseignement constituant une vérité historique d’une histoire commune entre la Belgique et le Congo.