Retour sur la visite réussie d'Edita Burgos et de JL en Belgique

Edita a témoigné en Belgique du cas de son fils disparu

Edita Burgos, mère du disparu Jonas (foto: JL)

Du 15 au 21 novembre, Edita Burgos et son fils JL ont présenté en Belgique le cas de leur fils et frère disparu. Ils ont lancé avec nous la campagne « Stop the Killings » qui, cette année, est placée sous le signe des disparitions politiques. Leur semaine a été partagée entre visites d’ONG, rencontres de politiciens, de groupes de solidarité, de groupes locaux intal et interviews. Revenons plus en détails sur cette semaine bien chargée.

Edita et JL sont partis en tournée dans toute l'Europe durant le mois d'octobre pour faire connaitre la situation de Jonas Burgos (fils et frère disparu), et ainsi soulever la question globale des disparitions politiques aux Philippines. C'est également le thème de la campagne « Stop the Killings » (STK) de cette année. Edita et JL ont été très impressionnés par le matériel de campagne avec le visage de Jonas, et ont été émus quand ils ont vu que plus de 700 personnes s’étaient pris en photo avec l'affiche de Jonas "Où est mon frère?" ou "Je suis la sœur de “. Durant leur visite, ils ont également fait un plaidoyer passionné pour appeler les gens à être présents lors de la marche aux flambeaux du 10 décembre à 18h30 sur la place Albertine à Bruxelles. Nous espérons aussi que vous viendrez massivement à cet événement afin de donner un signal fort aux responsables politiques, et ainsi montrer notre désaccord avec les atrocités commises dans des pays comme les Philippines, la Colombie, le Guatemala et beaucoup d'autres.

«Où est Jonas? » C'est la question que se pose constamment Edita depuis le 28 avril 2007. C'est le jour où son fils a été enlevé par des hommes armés dans un centre commercial très fréquenté de Manille. Est-il toujours en vie? Où est-il? Est-il bien traité? Est-il bien nourri...? Depuis 30 mois, elle attend des nouvelles. Edita a tout essayé afin de retrouver son fils. La seule possibilité qui lui reste est de porter l'affaire sur la scène internationale car elle a épuisé tous les recours possibles aux Philippines. Un instrument qui pourrait l'aider dans la recherche de Jonas est la ratification de la Convention de l'ONU sur les disparitions forcées. 16 pays l'ont déjà ratifiée, mais 20 pays doivent encore le faire afin qu'elle puisse entrer en vigueur. La Belgique ne fait pas partie des 16 donc nous savons ce qu’il nous reste à faire!

Lundi, nous avons visité Frontline - Protection for Human Right Defenders. Ils font du lobbying au niveau européen pour la protection des défenseurs des droits de l'homme; et organisent des sessions de formation en développement. Ils ont également un canal d'urgence. Ensuite a eu lieu une séance photo pour la campagne “Stop the Killings”. Dans l'après midi nous avons été invités à l'OMCT (Organisation mondiale contre la torture). Cette entité aide en particulier diverses organisations à préparer leurs dossiers pour l'ONU. Elle a son siège central à Genève. Entre les deux visites, nous nous sommes arrêtés à Intal pour faire une interview filmée d’Edita.

Mardi matin nous avons pris un café à la Commission européenne où nous avons posé des questions au sujet du programme EPJUST. Il s'agit de 3,9 millions d'euros d'aide, promis par l'Europe aux Philippines afin de lutter contre les nombreux assassinats politiques. Un beau geste, mais où va cet argent finalement?
Dans l'après midi nous sommes allés au parlement fédéral, où nous avons rencontré Bruno Tuybens et Wouter De Vriendt pour parler de la ratification par la Belgique de la convention de l'ONU sur les disparitions forcées. Ils ont pris le taureau par les cornes et ont posé l'après-midi même une question parlementaire sur les disparitions forcées aux Philippines. Plus tard dans l'après-midi, nous nous sommes rendus au Parlement européen, où nous avions rendez-vous avec Marc Tarabella. Il a été scandalisé par la situation des droits de l'homme et a promis de suivre cette affaire de près. Nous avons terminé la journée à la rue Pletinckx (siège de la CSC) où Edita a donné son témoignage aux partisans de «Stop the Killings » dans une salle comble.

Mercredi, nous avons eu une réunion avec les membres de la Commission des droits de l'homme du Parlement européen. Nous avons aussi effectué une visite éclair à l'ambassade des Philippines. Après nous avons pris un train en toute hâte pour Gand où Edita et JL étaient invités à l'université pour parler avec les étudiants des “Derde Wereldstudies” (Etudes sur le Tiers-Monde). 35 d'entre aux ont posé avec l'affiche de Jonas, et les membres d'intal Gand. Espérons qu'ils soient aussi nombreux le 10 décembre...

Jeudi, après une dernière visite au Parlement européen, Edita a été invitée par le Centre Amazone à l'Assemblée générale de la coupole d'organisations néerlandophones de femmes. Beaucoup d'entre elles étaient au courant de la campagne et ont même envoyé leur photo avec l'affiche de Jonas. Elles étaient fascinées par le témoignage d'Edita. Après plusieurs heures, ce fut au tour d'Intal Anvers de nous recevoir. Les membres d'Intal Anvers avaient prévu un programme complet pour toute la soirée. Une autre trentaine de personnes a, là aussi, posé avec l'affiche!

Le vendredi a été plus calme. Edita et JL ont eu une rencontre avec l'équipe d'Anvers Progress Lawyers Network avant de revenir à Bruxelles, où le groupe du voyage de 2008 projetait son documentaire "Les Philippines à la recherche de la Libération" dans la maison des jeunes «De Branding» à Jette. JL a eu l'occasion de donner son témoignage ce qui provoqua l'émoi des jeunes gens présents, choqués par la situation aux Philippines.

Samedi fut malheureusement le moment de se dire au revoir ... Après un brunch agréable et une escale à la Journée de solidarité avec le Vénézuela, il était l'heure de prendre le train pour Londres.

Merci à tous et merci à Edita et JL pour leur persévérance et leur énergie!

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