Des centaines de personnes à Bruxelles protestent pour les morts de Gaza


Des centaines de personnes se sont rassemblé le jeudi 5 avril pour dénoncer les événements de Gaza du 30 mars 2018 durant lesquels 17 Palestiniens ont été abattus par l'armée israélienne et plusieurs milliers blessés après une marche pacifique pour réclamer le respect de leurs droits.


Il est temps que nos gouvernements arrêtent de considérer Israël comme un Etat normal, de commercer avec un Etat qui viole le droit international et de collaborer sur des projets d’armement avec un Etat qui teste ses armes sur des populations !

> L'action dans la presse sur Bxl 1 et Metro.

Le 30 mars 2018, les Palestiniens ont manifesté pacifiquement à la ligne de séparation de la bande de Gaza pour la Journée de la Terre. Ils l'ont fait pour revendiquer leur droit au retour  dans ce qui sont aujourd'hui des territoires israéliens et pour dénoncer le blocus illégal de de la bande Gaza par Israël depuis plus de 10 ans. Depuis plusieurs mois, la situation socio-économique à l'intérieur de la bande de Gaza s'est fortement détériorée (crise de l'électricité, coupe des fonds américains à l'UNRWA, etc) laissant des centaines de milliers de personnes dans une extrême pauvreté.

« L'armée israélienne a tiré avec préméditation »

L'armée israélienne a réagi avec une extrême violence face à des manifestants non-armés. Dix-sept manifestants ont été tués par des tireurs d'élite, plus de 1 400 autres ont été blessés par balles ou à cause des gaz lacrymogènes. Plusieurs vidéos montrent comment des victimes sont abattues sans arme dans le dos à des centaines de mètres de la ligne de séparation avec Israël. Un récent rapport de Human Rights Watch montre que ce recours à la force par l'armée israélienne était " calculé, disproportionné et illégal ". En effet, les images de la marche qui ont pu être suivies en direct dans les médias israéliens et internationaux, ne fournissent aucune preuve que les manifestants palestiniens constituaient une menace pour la sécurité d'Israël. Cette préméditation de l'acte est appuyée par la déclaration du 29 mars où les dirigeants de l'armée israélienne ont annoncé sans équivoque que leurs soldats étaient autorisés à tirer sur les manifestants.

« Pas une action du Hamas »

Les organisateurs de cette action souligne que l'action « this one is for Gaza » veulent insister sur le fait que cette manifestation de Gaza n'était pas une " action du hamas ". Julie Steendam du mouvement de solidarité intal : « L'appel à l'action à Gaza est venu d'une large coalition de la société civile palestinienne. Cette dernière est très diverse et organise la résistance non-violente à l'occupation depuis la Nakhba de 1948. Vendredi dernier lors du rassemblement à Gaza, des jeunes ainsi que des personnes âgées et des familles étaient présents. Les victimes sont des civils abattus par des tireurs d'élite placés à plusieurs centaines de mètres de là, depuis une position sûre derrière des remparts en terre et une clôture de sécurité de haute technologie. Le fait que l'armée prétend maintenant que les Palestiniens qui manifestaient étaient une menace pour eux est tellement risible qu'il est presque impossible de trouver un contre-argumentaire pertinent. C'est risible».

« La Belgique doit répondre »

L'objectif principal de l'action des organisateurs est d'envoyer un message au gouvernement belge : " De combien d'autres arguments nos hommes politiques ont-ils besoin pour agir ? Nous demandons une enquête indépendante sur les événements. Mais nous exigeons aussi le respect du droit international et la fin de l'occupation. La Belgique peut faire quelque chose. Par exemple elle peut, par le biais de l'Europe, mettre fin à tous les accords de coopération économique avec Israël. Avec cette action, nous voulons leur donner cet élan, leur montrer ce que le mouvement social belge attend de la Belgique.

Appel à la solidarité avec Gaza

A Gaza, le UHWC est en première ligne pour soigner les blessé.e.s qui ont afflué vers leur hôpital Al Awda et leurs cinq autres centres de santé. UHWC est un partenaire de l'ong Médecine pour le Tiers Monde. Déjà durement touché par la crise énergétique qui ne leur laisse que quelques heures d’électricité par jour, UHWC fait appel à la solidarité internationale pour pouvoir répondre à l'urgence à laquelle ils font face aujourd'hui. Ils ont besoin de médicaments, de matériel pour pratiquer des chirurgies et de liquidités pour payer le fuel qui permet de faire fonctionner les générateurs d’urgence. Soutenez-les via cette page d'action.

UHWC

Contexte : Quelques chiffres sur la situation à Gaza

Le blocus complet imposé par Israël depuis 2007 a fait de Gaza une prison à ciel ouvert pour ses 1,9 million d'habitants.

  • 80% de la population de Gaza dépend de l'aide humanitaire pour sa survie.
  • 43 % sont en situation d'insécurité alimentaire
  • 40% de la population est au chômage
  • 70 % des Gazaouis ont le statut de réfugié. Ils ne sont pas autorisés à rentrer chez eux sur le territoire israélien ou en Cisjordanie.

Les nombreux bombardements israéliens ont détruit une grande partie de l'infrastructure et les restrictions à l'importation et à l'exportation ont empêché une reprise durable.

  • Au cours des 10 dernières années, Israël a tué au moins 3 650 Gazaouis (dont 2 500 civils !) et a fait plus de 100 000 sans-abri dans une série d'offensives, alors qu'il permet à peine de construire des matériaux de reconstruction dans la bande de Gaza.
  • Par conséquent, 97 % de l'eau souterraine est imbuvable.
  • Depuis avril 2017, les Gazaouis n'ont accès à l'électricité que 4h par jour. Cela pousse les hôpitaux à devoir payer du fuel pour faire fonctionner les générateurs d'urgence.
  • Les pêcheurs ne sont autorisés à naviguer que 6 milles dans la mer (au lieu des 20 milles reconnus internationalement). Ils sont pris pour cible par des tirs réels lorsqu'ils dépassent cette limite.
  • La zone tampon imposée à la bande israélo-gaza rend 35% des terres agricoles inaccessibles et ce qui peut encore être exporté arrête Israël à la frontière.
  • 31 % des médicaments essentiels ne sont pas disponiblesà Gaza.
  • Des malades meurent au poste de contrôle avec Israël parce qu'ils ne sont pas autorisés à partir pour des soins médicaux.

Sources

* https://www.palestinecampaign.org/wp/wp-content/uploads/PSC-Gaza-Factshe...
* https://www.unrwa.org/where-we-work/gaza-strip


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