Pendant ce temps, encore plus d’argent pour la guerre


C’est d’humeur guillerette que le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) pourra se rendre au sommet de l’Otan qui se tiendra cet été à Varsovie. Il vient en effet de se voir octroyer par ses confrères du gouvernement un budget supplémentaire de 200 millions d’euros pour investir dans du matériel de guerre, et il espère par la même occasion calmer la grogne des syndicats de l’armée. 


Outre ce fameux extra budgétaire, le gouvernement veut augmenter les dépenses militaires d’ici 2030, faisant passer ce poste budgétaire de 0,9% à 1,3% du produit intérieur brut (PIB). Selon les statistiques de l’Otan, en 2015, la Belgique a consacré 3,758 milliards d’euros à sa Défense, soit 0,9% du PIB. Une augmentation jusqu’à 1,3% du PIB signifie qu’en gros, la Belgique dépensera 6 milliards d’euros par an pour la Défense. Et cela, alors que le gouvernement Michel n’a toujours pas trouvé de réelle solution pour le déficit budgétaire de 3,6 milliards d’euros. Les dépenses militaires supplémentaires signifient aussi que l’on coupera encore plus profondément dans la sécurité sociale et les services publics.

La liste de courses de l’Otan

C’est en juillet que la capitale polonaise accueillera le sommet de l’Otan qui a lieu tous les deux ans. Les représentants des États membres devraient principalement traiter de deux grands points : le chaos au Moyen-Orient, et la poursuite de l’expansion à l’Est. L’Otan déploie de plus en plus de forces militaires aux frontières russes, et elle compte bien sur la participation du gouvernement belge. Ce budget supplémentaire est à cet égard une mise en bouche avant le plat principal : le plan stratégique du ministre Vandeput.

Ce plan stratégique ressemble en effet beaucoup à une liste de courses donnée par l’Otan au gouvernement belge, mais il a aussi de lourdes conséquences budgétaires. Pour l’achat, entre autres, d’avions de combat, de frégates et de drones, le budget de l’armée doit augmenter de 2 milliards d’euros par an d’ici 2030. L’actuel gouvernement charge ainsi la population d’un lourd fardeau : pendant les quarante prochaines années, les générations à venir devront alimenter l’immense budget de la Défense, et il n’y aura plus de moyens pour d’autres choix politiques.

Bombes atomiques

Il existe cependant une large opposition à cette décision, et en particulier contre l’achat de 34 nouveaux avions de chasse. Le 24 avril, trois mille personnes étaient descendues dans la rue pour manifester leur opposition à l’achat de nouveaux bombardiers. La plateforme « Geen geveschtsvliegtuigen – Pas d’avions de chasse » dénonçait le coût humain et financier de ces avions, mais aussi le fait qu’ils peuvent transporter des bombes atomiques.

A partir du 1er juillet, les avions de combat belges effectueront des opérations de bombardement en Irak et en Syrie. Ces bombardements ne sont pas seulement un drame au plan humain et financier, ils sont aussi une menace pour notre sécurité, augmentent le chaos dans la région et renforcent le terreau de recrutement pour les groupes terroristes que sont Daech et Al-Qaïda. Il est grand temps que la Belgique œuvre à des solutions diplomatiques et à la coopération au développement et abandonne la voie de la guerre.

intal participera aux activités du contre-sommet de l'OTAN qui se tiendra à Varsovie du 8 au 10 juillet.

Plus d'infos sur la campagne "Pas d'avions de chasse"

Traduit par: 
Solidair