On ne joue pas au ballon avec l’oppresseur!


Mardi 13 octobre 2015 à 20h45, les Diables Rouges affronteront l’équipe nationale israélienne de football dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2016. Un simple match de foot, pour l’amour du sport ? Vraiment?


L’Etat israélien mène une politique délibérée de colonisation, une politique qui est donc forcément violente, raciste et discriminatoire. Ces pratiques l’obligent à régulièrement redorer son image et à tenter de se donner l’apparence d’une nation ‘’comme les autres’’, ouverte et démocratique. Chaque participation à un événement international, que ce soit un partenariat académique, une manifestation culturelle ou une rencontre sportive lui donne l’occasion de nettoyer son image et de faire oublier ses agissements criminels. Nous ne pouvons être complices de cela.

Certains diront que le sport ne doit pas être mêlé à la politique ou encore que seul le dialogue permettra de mettre un terme à la situation dramatique dont sont victimes les Palestiniens. Faut-il alors rappeler que, deux jours avant d’être réélu, Benyamin Netanyahu déclarait que, tant qu’il serait au pouvoir, il n’y aurait pas d’état Palestinien ? Il est aujourd’hui à la tête d’un gouvernement issu d’une coalition droite/extrême droite dont certains ministres ne se gênent pas pour appeler publiquement au meurtre des Palestiniens.

Footballeurs sous les balles

Quant au droit des Israéliens à jouer au foot librement, il faut être conscient que parmi les joueurs se trouvent des soldats et des colons. Ces derniers ont fait le choix de vivre sur des terres confisquées à des Palestiniens, généralement dans la violence et toujours au mépris du droit international.

Et qu’en est-il du droit des Palestiniens à jouer au foot ? De façon systématique, Israël empêche les Palestiniens de jouer librement, notamment en limitant leurs déplacements sur le territoire, en détruisant les infrastructures ou en s’attaquant directement à certains joueurs. Par exemple, Atef Abu Bilal évoluant dans le championnat israélien a été sanctionné pour avoir joué également dans le championnat palestinien. Il fut condamné par la fédération israélienne à 200€ d’amende et 99 ans de suspension. Sa carrière pourra reprendre quand il aura 129 ans.

Plus grave encore, le cas de Mahmoud Sarsak, arrêté le 22 juillet 2009 à un check-point alors qu'il se rendait en Cisjordanie pour participer à un match de l'équipe nationale palestinienne de football. Il a été incarcéré sans procès et sans accusation précise après 30 jours d’interrogatoire. Il restera 3 ans en prison sans jamais être jugé, ni même inculpé de quoi que ce soit. Ou encore, en janvier 2014, le cas de ces deux jeunes footballeurs, Awhar Nasser Jawhar (19 ans) et Adam Abd al-Raouf Halabiya (17 ans) pris pour cible sans sommation à l’approche d’un checkpoint alors qu’ils revenaient de l’entraînement. Le premier recevra 10 balles dans les pieds (7 dans le pied droit, 3 dans le pied gauche), le second une balle dans chaque pied. Les chiens ont ensuite été lâchés. Ils ne joueront plus jamais au football.

Mayeur, gardien d'Israël ?

Et la liste est encore longue, malheureusement. Alors non, ce match n’est pas un match ‘’comme les autres’’ parce qu’Israël n’est pas un pays ‘’comme les autres’’ : c’est le dernier pays au monde à pratiquer la colonisation et à avoir instauré un système assimilé à celui de l’apartheid. À peine un peu plus d’un an après le dernier massacre ayant causé la mort de plus de 2000 Gazaouis et alors que nos médias relatent depuis quelques jours déjà l’intensification de la répression à l’encontre de la population palestinienne6, nos autorités ont bien conscience de la situation. Les mesures exceptionnelles de contrôle mises en place pour l’occasion en témoignent.

Ainsi, notamment, chaque journaliste devra communiquer son numéro de registre national, qui sera contrôlé avant les entraînements et le match. C’est du jamais vu en Belgique. Ce même esprit sécuritaire a également conduit le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, à refuser la tenue d’une manifestation pacifique aux abords du stade.Pour toutes ces raisons, intal se joint au mouvement de protestation et de boycott de ce match dans l’esprit de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS) lancée en 2005 par la société civile palestinienne. Pas de relation avec l’état d’Israël tant qu’il refuse d’honorer son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :

  1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes et en démantelant le Mur ;
  2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d’Israël à une égalité absolue ;
  3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU

Photo:  https://pixabay.com/fr/football-le-ballon-sport-jeu-428314/ et https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e9/Boy_and_soldier_in_front_of_Israeli_wall.jpg