Libye: Les amis louches de l’Otan

Qui fait partie du Conseil National de Transition?


Le 27 février 2011, à Benghazi, les rebelles fondaient le Conseil national de transition, qu’ils proclamaient « seul représentant de la Libye ». Nous distinguons quatre fractions importantes, dans ce CNT.


Les royalistes : Ce sont les partisans du roi Idris Senoussi. Leur siège se trouve à Riyad, en Arabie saoudite. En 1951, Idris a pris le pouvoir avec l’aide des Britanniques et il a régné en Libye jusqu’en 1969. Son pouvoir reposait sur quelques clans de l’est de la Libye. En 1969, Idris était chassé du pouvoir par Kadhafi. Le rapport des experts français (Libye : un avenir incertain) affirme que ce groupe ne peut être soupçonné du moindre réflexe démocratique : il veut tout simplement remettre la maison royale au pouvoir.

Les transfuges : Jusqu’il y a peu, ils faisaient partie du gouvernement libyen ou de l’appareil militaire. Sur base de leur expérience, ils jouent aujourd’hui un rôle important dans la direction du CNT. Il s’agit entre autres de l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Abdujalil Al-Bayda (président du CNT), de l’ancien ambassadeur en Inde, Al-Essaoui (responsable des relations extérieures du CNT) et d’Omar al-Hariri (responsable des affaires militaires du CNT). Ce dernier a commis le coup d’État de 1969 en compagnie de Kadhafi mais, déjà en 1975, il tentait vainement un coup d’État destiné à renverser ce dernier.

Les mafieux : L’Est de la Libye est depuis longtemps une sorte de port franc sur lequel les autorités n’exercent que peu de contrôle. Ces quinze dernières années, la mafia locale y a organisé un trafic d’humains de l’Afrique vers l’Europe. Les rentrées de ce commerce s’élevaient à des milliards de dollars. Avec l’accord conclu l’an dernier entre l’Italie et la Libye à propos des réfugiés et l’arrestation de plusieurs chefs de la mafia, ce commerce a été mis à l’arrêt. D’après le rapport français déjà cité, ces bandes mafieuses sont responsables des agressions et assassinats racistes contre des Libyens noirs et des Africains à Benghazi.

Les fondamentalistes musulmans : Enfin, il y a les islamistes radicaux. Depuis les années 90, ils sont actifs en tant que Groupe islamique combattant libyen, ou GICL. Depuis 2007, ils font partie d’al-Qaïda. L’Est de la Libye est renseigné aux États-Unis comme le principal fournisseur des djihadistes qui, en Irak, sont allés combattre contre les occupants américains.

Les experts français disent encore que les forces démocratiques ne constituent qu’une petite minorité, au sein du CNT. Human Rights Watch accuse les rebelles libyens d’avoir déjà arrêté des dizaines de citoyens tout simplement parce qu’ils étaient favorables à Kadhafi. L’une des personnes arrêtées, Mohamed El-Dabr, a été torturée à mort. Les prisonniers ne peuvent s’adresser à aucun avocat et ils n’ont pas encore pu voir le moindre juge.

Le 17 juin, le Ministre des Affaires Etrangères, Vanackere, a fait savoir au parlement qu'il avait invité quelques représentants du Conseil national de transition à Bruxelles. On serait bien curieux de savoir qui, parmi ce petit club du CNT, peux venir séduire ministre Vanackere.