Les collaborateurs des ONG comme ennemi du régime

justice for Willem Geertman

Mardi dernier, 3 Juillet 2012, un militant a encore été assassiné aux Philippines. Le collaborateur et missionnaire d'une ONG néerlandaise Willem Geertman a été tiré dessus à la porte de son organisation, Bayan Alay.


Cet événement tragique (un raid, selon la police philippine) intervient un mois après que le gouvernement philippin ait été pointé du doigt par l'ONU pour exécutions extrajudiciaires, torture et disparitions aux Philippines. M3M a parlé avec un professionnel philippin de la santé qui - compte tenu des circonstances - souhaite rester anonymes.

«Les gens qui ont des analyses (politiques) différentes du gouvernement sont immédiatement présentés comme de« gauche »et « ennemi du régime ». Les communautés conscientes de leurs problèmes sont en fait plus difficiles à réprimer et à contrôler. Le gouvernement peut avoir été élu, il reste une élite qui n’a rien en commun avec les pauvres et établit juste quelques lois en faveur des riches afin de maintenir leur statut d'élite. "

" Willem faisait partie d'un mouvement populaire, il était impliqué dans les communautés, a participé à des manifestations et a discuté de la situation politique des Philippines lors de conférences. Les militants qui se trouvent souvent sous les projecteurs, deviennent rapidement une cible. Ils sont mis hors d’état de nuire par des méthodes illégales sans être entendu ou défendus. Souvent, ils sont éliminés par l'armée. Les politiciens font souvent appel à eux pour leur protection personnelle. "

"Les militants et les travailleurs de la santé aux Philippines se rendre compte que, tant qu'ils travaillent à petite échelle et ne suscitent pas trop l’attention, ils peuvent généralement travailler et vivre plus calmement, mais le travail est limitée de cette manière et l’organisation ne ne peut pas grandir et se développer vers des communautés différentes. "

La situation actuelle, sous la présidence d’Aquino, semble être pire que sous le règne de son prédécesseur. Les militants espèrent donc que d'autres pays fassent pression sur leur président, comme c'était le cas avec le Morong 43, les 43 agents de santé qui, en 2010, ont été enfermés dix mois sans procès.

Traduit par: 
Isabelle Hubert