Les chemins de fer israéliens renvoient leurs employés arabes palestiniens

Soutenez et relayez l'appel de Sawt el-Amel, une organisation de travailleurs palestiniens en Israël


Depuis mars 2009, les travailleurs israéliens qui n'ont pas de permis de port d'arme, en d'autres mots toutes les personnes qui n'ont pas servi dans l'armée ne peuvent plus obtenir ou conserver un emploi de gardien des voies de chemin de fer.


Cette mesure qui a été prise par la compagnie publique des chemins de fer israéliens va conduire au licenciement d'environ 150 travailleurs arabes puisqu'ils ne font pas leur service militaire. La société a clairement indiqué que leurs postes étaient dorénavant réservés en priorité aux jeunes vétérans de l'armée.

Les Palestiniens d'Israël ont toujours été sous-représentés dans le secteur public. Bien que l'Etat juif soit doté de lois visant à lutter contre la discrimination, seuls 5% des arabes occupent un poste dans la fonction publique alors qu'ils représentent 20% de la population israélienne.

Leur exclusion est le résultat de la soit disant politique sécuritaire menée par Israël, une politique qui interdit aux Palestiniens d'Israël - qui n'ont pas servis dans l'armée et qui n'ont donc pas de permis de port d'arme - d'accéder à de nombreux emplois dans l'administration publique (la communication, les transports, l'eau, l'électricité, les infrastructures portuaires, les pompiers,...). Mais l'invocation de la sécurité cache mal une politique qui cherche avant tout à favoriser les travailleurs juifs israéliens.

Cette importance accordée à la sécurité transparaît aussi dans le parcours des directeurs des services publics israéliens. Ainsi Yitzhak Haki Harel, le directeur général des chemins de fer qui assume cette fonction depuis 2007 est major de l'armée israélienne. Il a mis fin à sa carrière militaire en août 2006, après la guerre contre le Liban.

La nouvelle politique des chemins de fer israéliens est un exemple de l'exclusion systématique des travailleurs arabes du marché de l'emploi. Elle démontre combien la sécurité de l'Etat israélien prime sur le bien- être de ses travailleurs et sur sa politique de l'emploi.

Le 7 mars 2009, le tribunal du travail de Tel Aviv a suspendu le licenciement des cheminots. Le 18 avril prochain, elle statuera définitivement sur leur sort. Pourtant la compagnie des chemins de fer a déjà commencé à recruter de nouveaux gardes.

Très récemment, le 8 avril, les responsables des chemins de fer israéliens ont répondu à la plainte déposée par Sawt el-Amel en précisant que leur décision était uniquement basée sur des considérations pratiques et qu'elle ne cherchait nullement à «discriminer les minorités ».

En fait, la mesure prise par la compagnie des chemins de fer israéliens s'inscrit dans une politique plus globale d'exclusion des travailleurs arabes du marché de l'emploi en Israël. Elle s'apparente aussi à un assault lancé contre tous les groupes marginalisés économiquement et socialement en ces temps de crise économique.

Ce que vous pouvez faire :

  1. Signez cet appel. Complètez le document « Signez l'appel » et envoyez-le à l'organisation des travailleurs palestiniens, Sawt el-Amel laborers@laborers-voice.org
  2. Envoyez cet appel à vos amis, collègues, contacts.
  3. Encouragez votre organisation à signer cet appel. Puis, envoyez-le à Sawt El-Amel laborers@laborers-voice.org avec le logo de votre association.
  4. Envoyez une lettre de protestation aux chemins de fer israéliens. Copiez/collez la lettre type figurant ci-dessous ou rédigez votre propre message.

Yitzhak Harel, CEO

Israel Railways

Fax: +972 (0)3 6937480

Email: pniyot@rail.co.il

Faites parvenir une copie de votre lettre à Sawt el-Ame par e-mail ou par fax :

Email: laborers@laborers-voice.org

Fax: +972 (0)4 6080917

Lettre type :

Dear Mr. Yitzhak Harel,

I am concerned about Israel Railways’ new policy requiring army service and weapons training as an employment condition for guards at level crossings. Since Arab citizens of Israel are exempt from obligatory army service, it can be assumed that all or most Arab crossing guards will be laid off as a consequence of this policy decision.

This contradicts the fundamental right of workers to equality and non-discrimination in employment, and consequently, the policy should be revised.
 
I would much appreciate to hear your position on this issue.

Sincerely,