07-04-2008
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- Echo's uit het Zuiden | Echo du Sud: PHM - Amerique Latine
- Pays | Landen: Amérique Latine
- Tags: People's Health Movement
- Thème | Thema: Droit à la santé, Partenaires dans le Sud
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Le nouveau partenaire d'intal en Amérique Latine se dévoile
Maria Zuniga est originaire d'Amérique du Nord. Elle vit actuellement à Managua où elle coordonne plusieurs réseaux d'organisations agissant en faveur du droit à la santé – dont le "Mouvement populaire pour la santé – Amérique Latine", le nouveau partenaire d'intal.
Dans une conversation à bâtons rompus, elle nous présente «son» organisation et la coupole internationale dans laquelle celle-ci s'intègre: Le «Mouvement populaire pour la Santé» ou "People's Health Movement.
Quelle est l'origine du "People's Health Movement" (PHM)?
Il va falloir faire un peu d'histoire. En 1978, sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 137 pays se sont réunis à Alma-Ata. Leur ambition était de permettre à tous les individus d'accéder à un niveau de santé acceptable, au plud tard en l'an 2000. Leurs travaux donnèrent naissance à une déclaration, baptisée «déclaration d'Alma-Ata». Ce texte – à la fois ambitieux et révolutionnaire - prônait le développement d'actions urgentes, basées sur la promotion des soins de santé primaires et la mise sur pied d'un nouvel ordre économique mondial.
Dans de nombreux pays, la déclaration ne fut jamais appliquée au pied de la lettre. Pour répondre aux besoins des populations, les gouvernements se contentèrent d'implanter des programmes de santé ciblés, visant par exemple, à promouvoir l'allaitement maternel ou le contôle des naissances, sans toutefois remettre en cause le système économique, dans sa globalité. Peu à peu, l'esprit d'Alma Ata disparut. Mais au même moment, dans divers pays d'Asie, d'Afrique et principalement d'Amérique Latine, des organisations commencèrent à travailler avec les communautés de base. Elles développèrent, souvent au niveau communal, des «programmes de santé intégrés» visant à agir sur tous les aspects de la vie des individus. Cette approche globale était le fruit d'une réflexion menée par ces organisations qui s'étaient rendues compte qu'une prise en charge strictement médicalisée des personnes ne suffisait pas à améliorer notablement leur existence.
Que s'est-il passé en l'an 2000?
Toutes ces associations se sont rencontrées au sein de la première «Assemblée mondiale des Peuples». Cette dernière s'est tenue dans un petit village du Bengladesh nommé
Savar. Elle a rassemblé plus de 1.500 délégués issus de 75 pays. Il s'agissait «de faire entendre la voix de ceux que personne n'écoute»: des activistes, des travailleurs de terrain, des membres de communautés qui n'avaient pas eu jusque là, l'opportunité de s'exprimer.
L'assemblée a accouché d'une «Déclaration pour la Santé des Peuples», un manifeste qui allait permettre l'avènement d'un «Mouvement populaire pour la santé» (MPS), baptisé "People's Health Movement", en anglais.
Aujourd'hui, cette coupole réunit des réseaux nationaux et locaux d'organisations qui tentent d'agir sur «les déterminants sociaux de la santé». Pour le dire autrement, notre mouvement rassemble des associations qui essayent d'influer sur les contextes économiques, politiques et sociaux, sachant que ces contextes, en s'imposant aux individus, ont finalement plus d'impact sur leur santé, que les bactéries et les bacilles.
En 2005, une deuxième Assemblée a eu lieu en Amérique Latine
Oui. A l'époque, nous avons constaté que le PHM avait grandi, mais que cette croissance s'accompagnait de difficutés, liées à la multiplicité des points de vues et des situations dans lesquelles évoluaient nos militants. En effet, le choix des actions ménées sur le terrain, dépend toujours étroitement des politiques déployées au niveau national, de l'histoire et de la culture des individus. En Amérique Latine, par exemple, nous avons une grande expérience de mobilisation et de lutte, dans le cadre des guerres de libération nationale. L'Afrique a la sienne, bien entendu, mais elle est différente. Là-bas, la colonisation – que nous avons aussi connu - a enfanté d'autres systèmes d'organisation des individus. Cette diversité est intéréssante, mais elle est parfois difficile à gérer.
Outre la gestion de la diversité, quelle autre difficulté se pose au PHM?
L'usage des langues. Au sein du PHM, les associations se parlent en anglais. Les textes et tout le matériel disponibles doivent donc être traduits. La «Déclaration pour la Santé des Peuples» a été diffusée dans plus de 40 langues. Aujourd'hui, nous faisons un effort particulier par avoir des documents en arabe, car notre ambition est de nous étendre dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nous venons d'ailleurs d'avoir une grande réunion au Caire où se trouve le sécrétariat général du PHM. L'objectif de cette rencontre était de définir de nouvelles stratégies d'action afin de renforcer notre capacité à influer sur les politiques mondiales, mais aussi nationales.
«L'Université Internationale pour la Santé des Peuples » s'est également réunie au
Caire. Quel est le rôle de cet organe?
Il s'agit d'une "université alternative" dont l'ambition est de former de jeunes militants, les futurs leaders de notre mouvement. L'Université s'est réunie pour la première fois en 2005, à Cuenca, en Equateur. Depuis lors, elle a tenue diverses sessions, dans différents pays. Lors de ces réunions, les jeunes discutent des implications qu'ont l'économie, la politique... sur la santé. Par ailleurs, ils apprennent à devenir de véritables activistes. Au Caire, 25 persnnes se sont ainsi rencontrées, encadrées et soutenues par les «aînés» du mouvement. Elles venaient d'Afrique, du Moyen-Orient, mais aussi de Géorgie, en ex-Union Soviétique.
Pourquoi la formation de ces futurs cadres est-elle essentielle?
Parce que les situations que nous affrontons aujourd'hui sont très différentes de celles que nous avons connues par le passé. Lorsque j'ai moi-même commencé à travailler dans le champ de la santé communautaire, notre monde était plongé dans la guerre froide. Il y avait l'Est et l'Ouest. Aujourd'hui, avec l'implantation, partout dans le monde, de politiques néo-libérales extrêmement agressives, la donne a complètement changé. Les jeunes générations n'ont rien connu d'autre. Or, il faut les amener à prendre conscience et à combattre les effets dévastateurs générés par un nouveau type de colonialisme, basé sur la consommation à outrance et l'individualisme forcené. A l'avenir, notre capacité à agir sur toutes les questions concernant la santé va dépendre de notre capacité à nous mobiliser contre cet état de fait. Car, il est certain que le slogan «la santé pour tous » ne deviendra pas effectif, simplement grâce à l'invention de nouveaux médicaments.
Quels sont les défis que le PHM doit relever dans les prochaines années?
Nous devons encore grandir, nous renforcer et renforcer nos actions de «lobby» auprès des communautés de base, des Etats, de la planète toute entière. Néanmoins, pour jouir d'une véritable crédibilité, auprès d'instances telles que l'OMS ou «l'Organisation panaméricaine de la Santé», nous devons poursuivre notre travail de base. Et, ce n'est pas toujours simple. Récemment, notre mouvement a développé une campagne en faveur du «droit à la santé». Selon les pays, cette campagne s'est déclinée de façon très différente. Dans certains Etats, elle vise à améli
orer l'accès des populations aux hôpitaux, aux médicaments... une vision minimaliste du "droit à la santé"... Dans d'autres, elle cherche plutôt à lutter contre la privatisation des services publics et de sécurité sociale.
Dans la région andine, cette campagne a donné lieu à une forte mobilisation contre les entreprises minières transnationales, largement responsables de la polution des rivières, de la destruction de l'environnement... Quel lien, me direz-vous, y a t-il entre cette action et le droit à la santé? La réponse est évidente: en portant atteinte à la bio-diversité, à la qualité de l'air et de l'eau, ces sociétés ont détruit la santé des populations locales.
Parlez-nous du MPS - Amérique Latine (MPS - AL), quelle est sa principale caractéristique?
Notre attachement au travail de base. C'est fondamental pour nous. Sans doute parce que notre mouvement est né du travail constant mené avec les différentes communautés. Nous ne sommes pas les seuls, évidemment! Le mouvement indien par exemple est lui aussi fortement enraciné au sein de sa population.
Y a-t-il un pays, dont le MPS - Amérique Latine se sent proche?
Des Philippines. L'Amérique centrale comme les Philippines ont constitué leur MPS, bien avant la
naissance du mouvement au niveau mondial. Dès le début des années 80, nous avons noué des liens étroits avec des organisations philippines, dont «Gabriela». Selon moi, cette proximité s'explique par le fait que nos histoires présentent un certain de similitudes à savoir la colonisation espagnole et la présence continue et agressive des Etats-Unis.
Quelles sont les actions que le MPS - Amérique Latine veut développer dans les mois à venir?
En Amérique centrale, les gouvernements ont signé des traités de libéralisation du commerce. Malgré notre forte mobilisation, pendant la phase des négociations, nous n'avons pas pu empêché cette catastrophe. Aujourd'hui, nous devons faire connaître les aspects les plus dangereux de ces textes et le fait qu'ils vont permettre l'intromission de compagnies étrangères au coeur des services de base, au sein des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des universités... A cause de ces traités, même l'approvisionnement en électricité, dans presque toute l'Amérique Latine est aux mains d'une société espagnole, l'Union Fenosa. Elle est partout et provoque pas mal de problèmes. A l'avenir nous voulons mener des actions pour contrer d'éventuelles hausses de prix, En procédant ainsi, nous pensons agir dans l'interêt des populations et lutter en faveur de leur droit à la santé.
Le MPS – AL est le nouveau partenaire d'intal. Quels sont les projets que vous allez plus spécifiquement mener à bien, avec notre soutien?
Nous voulons développer notre stratégie de communication et développer notre site Web afin qu'il reflète mieux la richesse de l'Amérique Latine. Nous voulons que notre site devienne plus dynamique, interactif et qu'il soit une véritable vitrine, pour toutes les actions que nous menons sur le terrain. Nous souhaitons aussi produire du matériel en anglais et traduire en espagnol des textes et documents écrit dans d'autres langues. Cette stratégie devrait nous permettre d'améliorer notre travail avec les communautés et de renforcer notre mouvement dans des pays d'Amérique Latine, où nous sommes moins présents.
Nous voulons aussi développer de nouveaux moyens pour mieux communiquer entre nous. En Amérique centrale, c'est relativement simple. Les distances entre les villes des différents pays sont assez courtes. Je peux facilement prendre un bus pour me rendre de Managua, au Guatemala ou au Panama. En Amérique Latine par contre, les distances sont plus grandes. De plus, il est difficle de traverser le sous-continent d'Est en Ouest, à cause des Andes et de l'Amazone.
Pour contrer ces difficultés, nous voulons renforcer la communication par voie électronique. Nous devons néanmoins penser à moyens alternatifs pour pouvoir nous consulter et diffuser de l'information, car dans certaines régions d'Amérique Latine, les personnes nont pas accès à un ordinateur, ni à fortiori à internet. Dès lors, comment faire? Pour ma part, je pense que les radios communautaires peuvent nous être utiles. Elles sont présentes dans de nombreuses communes et émettent leurs programmes dans différentes langues.
Il ne "reste plus" qu'à plancher sur la planification de tous ces projets?
Oui, dans les mois à venir, nous allons élaborer un programme sur trois ans et nous occuper dans un premier temps, de former du personnel technique.
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- 30-07-20109.11
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