L'agression israélienne atteint des sommets jamais égalés

Le meurtre massif comme punition collective

L'opération militaire israélienne «Hiver chaud» - à la fin du mois de février - est la plus meurtière, depuis 2000.

Une fillette palestinienne de 20 mois décédées le dimanche 2 mars suite aux bombardement israéliens sur la Bande de Gaza (electronic intifada)Une fillette palestinienne de 20 mois décédées le dimanche 2 mars suite aux bombardement israéliens sur la Bande de Gaza (electronic intifada)Depuis le 17 janvier 2008, la bande de Gaza (territoire occupé illégalement par Israël, depuis 1967) subit un embargo contraire au droit international et à la 4è convention de Genève. Les Gazaouis sont souvent privés des denrées essentielles à leur survie : nourriture, médicaments, électricité, eau courante... et plus de 75% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, en raison du blocus.

C'est dans ce contexte d'extrême dénuement que Tsahal a mené son opération «Hiver chaud», pour soit disant répondre aux tirs de roquettes Qassam, des militants du Hamas. Cette opération d'envergure a débuté le mercredi 27 février et s'est officiellement achevée le mardi 4 mars. L'armée israélienne a mené des attaques au sol et dans les airs, principalement dans le camp de réfugiés de Jabalya, le plus peuplé de Gaza. Ces raids ont fait 115 morts et 300 blessés.

De nombreuses infrastructures - dont des bâtiments médicaux et sanitaires - ont également été touchées. Les innombrables blessés - déjà affaiblis par la disette consécutive à l'embargo - ont été acheminés vers des hopitaux surchargés et privés de certains matériaux ou médicaments. Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que, malgré le talent et le dévouement des travailleurs médicaux palestiniens, des personnes soient décédées des suites de leurs blessures, après leur arrivée à l'hôpital. Des rapports provenant des hôpitaux gazaouis indiquent que la plupart des blessés ont été touchés par des tirs d'artillerie ou par l'effondrement de bâtiments et qu'ils présentaient de très graves blessures exigeant des soins intensifs. Quand on sait que la bande de Gaza manque d'environ 200 types de médicaments, dont des antibiotiques, on peut imaginer la détresse des médecins et des patients.

Lors d'un entretien accordé à la radio de l'ONU, Karen AbuZayd, la déléguée générale de l'UNRWA à Gaza a fait état de son inquiétude «Nous sommes surtout inquiets pour le secteur médical. Les hôpitaux manquent de médicaments, d'équipements et même de denrées aussi basiques que du détergent pour laver les draps.»

L'opération israélienne qui s'est déroulée la semaine passée est un massacre. La stratégie israélienne consiste à terroriser les Gazaouis en les asphyxiant économiquement ou en les tuant, lors d'attaques militaires extrêmement brutales.

Mais... Israël a la droit de se défendre. Admettons ... Néanmoins, la punition collective est un crime. Et l'ampleur abjecte de celle qui est infligée aux Gazaouis est inacceptable. Nos gouvernements doivent à tout prix intervenir et sanctionner Israël. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme au massacre de la population de Gaza.

Israël a le droit de se défendre? Mais cette opération répond-t-elle vraiment au besoin qu'a Israël d'assurer sa sécurité? Certes, certaines villes israëliennes proches de Gaza sont les cibles de tirs de roquettes, de la part des militants du Hamas. Certes, on est en droit de regretter la mort d'un civil israélien, la semaine passée et de déplorer le stress dans lequel vivent les habitants de Sderot, par exemple, mais lorsqu'on souhaite juger les actes de chacune des parties, il faut se rémémorer toutes les données «du problème».

Depuis 1967, Israël occupe illégalement la bande de Gaza. L'Etat juif est une énorme puissance militaire et coloniale . Il maintient une population sous occupation, colonise ses terres, détruit ses maisons et ses écoles. Il empêche en outre, l'économie palestinienne de se développer et enferme des milliers de Palestiniens dans ses prisons. Bien entendu, on peut discuter de l'intérêt tactique et des aspects moraux de la stratégie adoptée par les militants du Hamas, mais ces tirs de roquettes sont un acte de résistance, une tentative pour survivre face à une politique israélienne qu'Ilan Pappe (un historien israélien anti-sioniste) n'hésite pas à qualifier de génocidaire.

Plutôt que de se demander si Israël a le droit de se défendre, ne faudrait-il pas se poser la question suivante : Israël a-t-il le droit d'annihiler la résistance palestinienne à ses plans coloniaux en infligeant à la population palestinienne une punition collective meurtrière. Apparamment, nos gouvernements pense qu'il n'y a pas grand chose à en dire...