La Belgique doit soutenir explicitement la politique de paix menée par le gouvernement congolais


Depuis le 30 avril, l’Est de la RDC est une nouvelle fois déstabilisée par une mutinerie, du nom de M23. A nouveau, des milliers de personnes sont en fuite et la population locale est terrorisée par des groupes armés.


Le gouvernement congolais accuse fortement le pays limitrophe, le Rwanda, qui une fois de plus serait mêlé à ce conflit. A nouveau, un rideau de fumée a été érigé régionalement et internationalement dans le but d’éluder les vrais coupables. La Belgique ne peut plus se prêter à ce jeu.

Le Rwanda tire les ficelles

Le gouvernement congolais prétend que l’établissement d’un nouveau ‘’mouvement de rébellion’’ n’est qu’une manière de la part de Ntanganda et de ses partisans d'échapper à une arrestation. Le gouvernement ne devrait cependant pas avoir de difficultés pour anéantir cette rébellion. Ils avaient d’ailleurs déjà mis la main sur 38 tonnes de leurs armes, si ce n’est que M23 a soudainement, sorti d’on ne sait où, pu démontrer une gigantesque force militaire.

Dans une lettre détaillée à l’ONU (voir ci-joint) le gouvernement congolais démontre des preuves explicites de l’implication du Rwanda. Depuis plus de 10 ans le Rwanda défend ses intérêts dans l’Est du Congo. Etant un pays pauvre avec peu de matières premières, le Rwanda peut néanmoins compter sur une élite qui tire sa richesse du commerce international des matières premières. C’est un secret public que le Rwanda peut compter sur des réseaux commerciaux au Kivu et que ces derniers peuvent subsister via leur influence militaire dans la région. L’influence est toujours assurée via des ‘’mouvements de rébellion’’ tels que la RCD de Ruberwa ou, plus tard, le CNDP de Laurent Nkunda, qui fut lui-même suivi par Ntanganda. Laurent Nkunda demeure momentanément en liberté surveillée dans un endroit du Rwanda et un ordre d’arrestation est lancé en ce moment contre Ntanganda.

Les Nations Unies ont divulgué un rapport qui reconnaît et condamne les implications rwandaises. Sous la pression des États-Unis, des passages entiers qui ont nommément désigné des hauts responsables militaires et politiques Rwandais ont été supprimés de ce document. Tandis que le gouvernement américain ne parle que de la ‘’culture de la violence’’ dans la région, il défend malgré tout de façon constante son allié, le Rwanda. Pour les E.U. le Rwanda constitue, grâce à son poids militaire, une arme de réserve avec laquelle ils peuvent menacer le Gouvernement congolais et le pousser dans l’impasse.

Le Congo pris en sandwich

La RDC a besoin de stabilité et d’unité pour, à l’aide de ses modestes moyens, pouvoir tout mettre en œuvre afin de reconstruire le pays. Le pays ne peut se permettre un conflit ouvert avec un voisin militaire tel que le Rwanda, même s’il le voulait.

A partir de pays européens et d’organisations des droits de l’homme, on a mis sur pied, depuis le début de cette année, une campagne afin d’arrêter Ntanganda. Le Président Kabila donna jusqu’aux élections la préférence à un accord politique avec Ntanganda, plutôt que de céder à la pression internationale pour arrêter cet homme. Son motus était : ‘’plutôt la paix que la justice’’. Ce n’est qu’après la date du 10 avril, avec les élections passées et avec un nouveau gouvernement, qu’il pensait pouvoir répondre à l’exigence des pays étrangers afin d’arrêter Ntanganda.

A juste titre le gouvernement congolais demande dès lors un soutien significatif de ces pays qui ont crié au plus fort pour exiger l’arrestation. Le gouvernement congolais condamne également la position hypocrite de l’Amnesty International Britannique, qui demande à présent un …..embargo sur les armes contre le gouvernement militaire congolais !

Arrêtez enfin l’hypocrisie

Depuis plus de 10 années nous entendons toujours le même refrain de la part de la communauté internationale, les États-Unis en tête : il s’agit au Congo d’un conflit interne, dont la population est la victime et dans laquelle la communauté internationale doit intervenir.

Mais cela consiste à chaque fois à protéger ceux qui attaquent l’intégrité territoriale et politique du pays. Le gouvernement congolais fut obligé en 2003 par la communauté internationale à intégrer un mouvement de rébellion pro rwandais dans son armée, soi-disant pour conserver la paix, mais en fait il s’agissait de préserver les intérêts de l’élite rwandaise dans l’Est. Tout un chacun qui a de bonnes intentions vis-à-vis de la population congolaise, doit dès lors tenir fait et cause avec les efforts du gouvernement congolais pour contrôler l’entièreté du territoire, pour désarmer les ‘’mouvements de rébellion’’ et pour pacifier l’Est du territoire. Pour ce faire, le gouvernement congolais a besoin d’une aide conséquente qui va au-delà des déclarations d’ordre général.

Intal pose donc les exigences suivantes:

  • La publication complète du dernier rapport des groupes d’experts des Nations-Unies sur l’implication du Rwanda lors de la préparation et le soutien logistique de la mutinerie M23. Nous demandons également une condamnation publique de la part de l’Union Européenne et du Gouvernement belge de l’aide accordée par le Rwanda à M23.
  • Nous exigeons également que le Gouvernement belge réponde à la demande du gouvernement congolais pour lui fournir des aides diplomatiques, militaires et logistiques en vue du désarmement de toutes milices locales et leurs réseaux.
  • Intal exige aussi de notre gouvernement qu’il aide, en concertation avec le gouvernement congolais, à procurer un soutien humanitaire aux citoyens congolais qui ont du s’enfuir à cause des combats.
Traduit par: 
Monique Crock