
23-03-2009
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Mots-clés
- Pays | Landen: Amérique Latine
- Thème | Thema: Souveraineté, Solidarité
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François Houtart s'exprime sur le vent nouveau qui souffle en Amérique latine
Le samedi 14 mars, lors d'une après-midi d’information organisée par Iniciative Cuba Socialiste (ICS), le Prof. François Houtart (UCL, CETRI, Forum Social Mondial,...) a fait un exposé très intéressant sur les changements en cours en Amérique latine.
Des changements rendus possibles grâce à l'accession au pouvoir du président Chávez au Venezuela, Morales en Bolivie, Correa en Equateur, Lula au Brésil, Ortega au Nicaragua, Lugo au Paraguay et Funes au Salvador. Tous ces hommes ont deux points en commun. Ils ont été élus à la tête de leur pays et opérent de profonds changements en suivant la voie parlementaire.
Se faisant, ils poursuivent trois grands objectifs :
1 Restaurer la souveraineté de leur pays annihilée par la globalisation de l’impérialisme.
2.Restaurer dans ses prérogatives un Etat mis à mal par des années de néolibéralisme.
3.R. Par aileurs, ldistribuer la richesse pour supprimer la grande inégalité sociale.
C'est dans le domaine de la restauration de la souveraineté nationale vis-à-vis des multinationales et des Etats-Unis que les résultats les plus importants ont été engrangés. Non seulement les pays s'affranchissent individuellement de la tutelle américaine, mais ils ont développé de nouvelles formes de solidarité collective par le biais de structures favorisant leur intégration régionale. Ces dernières ont pour nom la Banque du Sud (Bancosur), l’Union du Sud (Unasur), l'ALBA (Alternative Bolivienne pour l’Amérique), Telesur, etc.
Selon François Houtart, les pays latinos-américains éprouvent encore des difficultés pour atteindre les deux derniers objectifs. Bien souvent, les méthodes démocratiques suivies jusqu'ici semblent inefficaces pour contrer la vieille administration et mettre un terme à la corruption et au bureaucratisme des Etats. La plupart des pays concernés manquent de réformes structurelles. Par ailleurs, la redistribution des richesses se fait, essentiellement, par le biais de programmes d’assistance sociale, d’aide aux pauvres, ces derniers étant d’ailleurs plus souvent considérés comme des clients et non comme des acteurs.
Outre ces problèmes, les gouvernements progressistes affrontent aussi une forte opposition interne : celle orchestrée par la bourgeoisie, bien connue et claire, et celle de certains groupes radicaux de gauche. Selon François Houtart, ces derniers ne perçoivent pas la dialectique du processus en cours et n’ont pas de vue à long terme. Il précise que "bâtir le socialisme ne peut pas se faire en une seule révolution ni en une seule génération". Par ailleurs, il pointe du doigt le rôle d’opposition assumé par certaines ONG qui, confrontées à des Etats reconstruits et renforcés, perdent beaucoup de leur pouvoir et de leurs privilèges.
Selon François Houtart, si des mesures de type révolutionnaire ont été prises dans ces pays, il ne s'agit pas de LA révolution. En effet, certaines des mesures adoptées restent ambiguës et le risque d'un "retour en arrière" est toujours présent. Néanmoins l'aspect le plus important et le plus encourageant de ces processus est qu’ils sont passés de la résistance aux alternatives, à la construction de véritables alternatives.
Pendant le débat avec le public, des questions plus spécifiques ont été abordées. Interrogé sur Barack Obama, François Houtart s'est montré incisif. "En ce qui concerne l'Administration américaine, le changement est plutôt dans les apparences que dans la réalité. Certains de mes amis latinos-américains me disent qu’ils vont devoir s’habituer à la présence d'un «empereur noir» à la Maison Blanche. Le fait qu’Obama veuille fermer le centre de détention et de torture de Guantanamo est important, mais en ce qui concerne l'Amérique latine, le test va être plutôt dans ses positions vis-à-vis du président colombien Uribe, de l'embargo imposé à Cuba et de la Quatrième Flotte (navires de guerre américains qui stationnent depuis un an le long des côtes latinos-américaines, ndlr).».
Selon François Houtart, la crise économique affecte de différentes façon l'Amérique latine. Elle est fragilisée par la chute du prix des matières premières et du dollar, mais aussi de sa propre production industrielle. Par ailleurs, elle souffre de la diminution des fonds envoyés par les latinos-américains résidant en Europe et aux Etats-Unis à leur famille.
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