
13-03-2008
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Mots-clés
- information type: Information
- Intal groups: National
- Pays | Landen: Philippines, Autre pays
- Tags: IBON Europe, IBON
- Thème | Thema: Justice sociale, Droits de l'Homme, Partenaires dans le Sud, Souveraineté
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Faire entendre au Nord, la voix du Sud
IBON Europe fait exception dans le monde des ONG
En 1978, IBON, une organisation qui mène des recherches et des analyses, au service des mouvements sociaux philippins, est fondé à Manille. Trente ans plus tard, une nouvelle "antenne", IBON Europe, voit le jour. Cette dernière forme avec IBON Inde, IBON Philippines et IBON USA, un large réseau international. Au sein de cette famille, IBON Europe s'est fixé un objectif : faire entendre au Nord, la voix du Sud.
En février 2008, une cinquantaine de personne issues de 14 pays se sont réunies à Bruxelles, pour célébrer la naissance du "nouveau-venu". Cette rencontre était aussi une occasion unique de donner la parole à ces nombreux participants, venus du Sud.
Parmis eux, Madame Fathima Burnad, représentante du "Tamil Nadu Women's Forum" a focalisé ses propos sur le manque de terres en Inde et les problèmes alimentaires que connaît
Fathima Burnad. Photo: intal.son pays. "Quatre des dix milliardaires les plus riches du monde sont indiens, mais 20% de la population indienne doit se contenter de moins d'un demi dollar par jour. Les personnes les plus pauvres sont des paysans sans terres et les paysans pauvres doivent céder leurs parcelles pour y cultiver des fleurs ou y installer des fermes d'élevage de crevettes". Madame Burnad a aussi évoqué les "Special Economic Zones" (SEZs) qu'elle a qualifié de "Special Elimination Zones", car les multinationales - qui y résident - produisent essentiellement pour l'exportation en jouissant d'importants avantages fiscaux.
Emmi de Jesus. Photo: intal.
Dans son allocution, Emmi de Jesus, secrétaire générale de l'organisation des femmes philippine, "Gabriela" a parlé de la militarisation de son pays et des violations des droits de l'Homme qu'endurent la population, dans le Sud. "L'Asie du Sud-Est est d'une importance vitale pour les Etats-Unis. Cette donnée explique une présence militaire accrue, sur le sol philippin. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de bases militaires, mais de soldats impliqués dans des missions humanitaires ou officiellement chargés de l'entraînement, d'unités locales de l'armée. Ils disposent de nombreuses facilités où qu'ils soient dans le pays.' Selon Emmi, se sont surtout les femmes qui subissent les "nuisances" causées par les troupes US. "Regardez au Japon, où un soldat a récemement violé une jeune fille".
Le Parlement des Peuples
Madame Wahu Kaara, une vétérane du mouvement social kenyan a eu besoin de peu de mots pour s'attirer la sympathie du public. "Bruxelles est la ville du Parlement européen, mais quant est-il du Parlement des Peuples?" Selon Wahu Kaara, le combat contre la pauvreté et l'aide internationale sont devenus "de gros business". "Eradiquer la pauvreté n'est pas qu'une question de moyens financiers. C'est aussi une question de pouvoir. Le Kenya n'appartient que formellement aux Kenyans. En réalité, se sont les Britanniques et les Américains qui tiennent les rênes."
Wahu Kaara. Photo: intal.
Wahu Kaara a aussi pris la défense de ses consoeurs et a loué leur rôle, dans le développement du Kenya. Néanmoins, elle a mis en garde contre "trop de féminisme". "La société patriarcale doit être combattue, mais ne vous laissez abuser par les questions de genre. L'appartenance sociale est le facteur le plus déterminant"
Monsieur Ramon Bultran du "Asia-Pacific Mission for Migrants" a, quant à lui attiré l'attention du public sur la situation des migrants, qui représentent 3% de la population mondiale. "Les mouvements migratoires ont aussi des répercussions sur la santé publique. Ainsi, il existe une petite ville anglaise qui compte - à elle seule - plus de médecins botswanais, que le Botswana. De son côté, le ministère norvégien de la Santé a proposé au ministère de la Coopération au Développement, de former des médecins en Afrique, afin qu'ils viennent ensuite travailler en Norvège." Nul doute que les patients africains n'y trouvent pas leur compte.
Monsieur Demba Moussa Dembele représentant du "Forum for African Alternatives" et "chantre de la l'abolition de la dette" au Sénégal a clôturé cette première journée de débat. "La crise de la dette est loin d'être derrière nous. Malgré les déclarations ronflantes des dirigeants mondiaux et les initiatives des institutions internationales en faveur des pays les plus pauvres, la dette pend comme un boulet, au cou des peuples de l'Afrique de l'Ouest. Les solutions préconisées par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale ne sont exemptes de conditions".
Les voix de la résistance
Monsieur Antonio Tujan, directeur d'IBON International a introduit la deuxième journée de débat
Antonio Tujan. Photo: intal. en constatant qu'IBON faisait exception dans le monde des ONG. "Alors que la plupart des ONG internationales se sont implantées au Nord, pour travailler dans le Sud, IBON a fait le choix inverse. Contrairement à ses consoeurs, IBON veut porter en Europe, la voix du Sud". Une autre caractéristique d'IBON est qu'elle n'est pas assujettie au financement et qu'elle n'est pas, non plus, une organisation de lobbyistes spécialisés. Pour Antonio Tujan, la mission première d'IBON est de "soutenir les mouvements sociaux du Sud, afin de renforcer la voix des pauvres."
Aujourd'hui, IBON Europe est une réalité, mais le travail ne fait que de commencer. Des thèmes essentiels comme la souveraineté alimentaire, le climat, le poids de la dette, l'aide au développement, les migrations internationles ont été identifiés. Les représentants des organisations participantes, dont intal, sont prêts à relever ces défis et réservent un accueil chaleureux aux voix du Sud, en Europe.
Agenda
- 13-03-2010Bruxelles10.00
- 20-03-2010Bruxelles20.30
- 05-04-2010Leuven - Bruxelles10.00
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