Boycott, désinvestissement et sanctions - Israël sous pression

Depuis plusieurs années, on discute de la pertinence d'organiser un boycott contre Israël. Comme les institutions internationales se révèlent incapables de garantir les droits des Palestiniens, les appels au boycott se sont renforcés. Un boycott, pour que l’homme de la rue puisse exprimer sa désapprobation à l'encontre de la politique menée par Israël, et par extension, à celle conduite par le quartet c'est-à-dire les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Russie et les Nations Unies.


Depuis plusieurs années, on discute de la pertinence d'organiser un boycott contre Israël. Comme les institutions internationales se révèlent incapables de garantir les droits des Palestiniens, les appels au boycott se sont renforcés. Un boycott, pour que l’homme de la rue puisse exprimer sa désapprobation à l'encontre de la politique menée par Israël, et par extension, à celle conduite par le quartet c'est-à-dire les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Russie et les Nations Unies.

Appel palestinien

Le 9 juin 2005, plusieurs organisations palestiniennes ont lancé un appel commun en faveur d'une campagne BDS (boycott, désinvestissement et sanctions). Suite à cet appel, de nombreux groupes de solidarité ont intensifié leur soutien à cette action. Aujourd’hui, 171 organisations palestiniennes ont signé l’appel, et celui-ci figure en bonne place à l’ordre du jour de toutes les conférences internationales accueillant des Palestiniens. Il en fut ainsi lors de la conférence organisée par le Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits inaliénables du Peuple palestinien qui a eu lieu à Bruxelles, les 30 et 31 août. De son côté, l’organisation Badil, Mustafa Barghouti et l’Israélien Michael Warschawski, actif au sein de l'« Alternative information Center » ont appelé à soutenir cette initiative.

La campagne BDS au niveau international

Ces douze derniers mois, de nombreuses institutions de par le monde ont manifesté leur soutien à la campagne BDS. Au Royaume-Uni, les syndicats UNISON[1] (1,3 million de membres) et TGWU [2] ont lancé un appel en faveur de cette action. L’Assemblée générale de la « National Union of Journalists » l'a également fait avant d'être désavoué par son conseil de direction. En Irlande, l’ICTU [3] (770.000 membres) et le syndicat d’Irlande du Nord NIPSA [4], ont également répondu à l’appel comme les syndicats norvégiens, canadiens, brésiliens et le syndicat sud-africain COSATU [5] qui compte 1,8 million de membres.

A côté de la campagne BDS, un certain nombre d’organisations développent des actions plus spécifiques. Les produits israéliens sont ainsi visés en France, au Royaume-Uni, en Suisse et en Norvège. Des initiatives voient le jour dans les milieux académiques en Irlande, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Un boycott culturel est quant à lui soutenu entre autre par les écrivains Eduardo Galeano et Arundathi Roy, ainsi que par le cinéaste Ken Loach. Différentes églises, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, revoient leurs investissements dans des entreprises israéliennes, et la banque néerlandaise ASN a arrêté d'investir au sein de Veolia, une société qui participe à la construction du métro qui doit relier Jérusalem aux colonies israéliennes [6]

Et en Belgique ?

Si la Belgique a été une figure de proue du boycott anti-apartheid organisé contre l'Afrique du Sud (plus d’info ici), elle est un peu à la traîne en ce qui concerne la campagne BDS. A l’heure actuelle, les actions visent essentiellement à boycotter les produits agricoles israéliens. Néanmoins, le soutien à la campagne BDS s’intensifie. En 2005, des actions ont été menées dans 5 supermarchés. Cette année, à partir du mois de novembre, des initiatives seront conduites dans quelques 25 grandes surfaces. Une vingtaine d’organisations et une vingtaine de personnalités ont déjà répondu à l’appel en faveur de la campagne BDS.

Le soutien à la campagne BDS se manifeste aussi en Israël. De célèbres personnalités comme Michael Warschawski, Moshe Zimmerman et Ilan Pappé y adhèrent. Hors Israël, un certain nombre d’organisations juives, comme les « European jews for a just peace » et les « UK jews for boycott israeli goods », soutiennent également cette action.

Israël contre-attaque

Tout le monde s’attendait à ce qu’Israël réagisse. Et, il a sorti le grand jeu avec la création d’une « Anti-boycott Task Team [7] ». Afin de limiter les effets de la campagne BDS, des habitants de la petite ville de Sdérot ont été entraînés à témoigner - à l’étranger - des conséquences des tirs de roquettes Al-qassam sur leur ville. Le Royaume-Uni compte énormément de groupes actifs pro-israéliens, et ce au sein même d’organisations soutenant la campagne. Le BICOM (Britain Israel communication Research Center) est l’une des forces motrices de ce mouvement. Cette organisation dispose d’un budget de plus d’1 million d’euros.

Au sein de l’establishment israélien, des signes de nervosité sont de plus en plus perceptibles. Le syndicat israélien Histadrut a ainsi mis fin à ses relations avec le TGWU, en raison de l'adhésion de ce syndicat anglais au boycott. Ce faisant, l’Histadrut s’isole, concrétisant ainsi une première étape vers le boycott.

Dans les médias et sur bon nombre de blogs, forums et sites web, l’utilité de la campagne BDS est remise en question. Pourtant, si les Etats-Unis, la France ou d’autres pays ont utilisé ou utilisent le boycott comme moyen de pression, c'est que ce dernier présente un certain intérêt. Pensons par exemple, à l'embargo économique que subit Cuba depuis 40 ans et à l'embargo en vigueur en Irak durant plus de 10 ans et qui a fait plus de 500.000 victimes. L’Iran lui-même sera peut-être amené à subir de telles sanctions. Bien sûr, un boycott seul ne peut pas mener à une solution durable, n’oublions pas que le boycott a contribué à mettre l’Afrique du Sud de l’apartheid sur les genoux.

Et vous ?

Un certain nombre d'actions auront lieu en Belgique à la fin du mois de novembre. De plus en plus de groupes locaux veulent convaincre les gérants de quelques 25 supermarchés de ne plus proposer de produits israéliens dans leurs rayons. Lors des actions précédentes, nous avions réussi à rencontrer la direction de Delhaize. L’un des gérants s'était dit prêt à proposer des produits de substitution lorsque ceux-ci étaient disponibles. Cela dit, notre ambition va plus loin. par le biais de cette campagne, nous voulons susciter un débat de fond, aboutissant à une condamnation claire de la politique d’occupation et à l’isolement d’Israël.

Si vous souhaitez vous joindre à cette large mobilisation en faveur de la campagne BDS, faites-le nous savoir, nous vous contacterons afin de convenir de la meilleure manière de vous impliquer dans cette action.

Envoyez un mail à : bruno.bauwens@intal.be

Palestine sur intal.be : http://intal.be/fr/focus3.php?menuld=29

Merci à Jan Dreezen.

[1] Unison (syndicat de la fonction publique): 1,3 million de membres – 2007 http://www.unison.org.uk/file/M%2053%20Palestine.pdf
[2] TGWU (syndicat des ouvriers de production): 800.000 membres – 2006 http://www.haaretz.com/hasen/spages.879531.html
[3] Irish Congress of Trade Union: 770.000 membres – 2007 http://stopthewall.org/worldwideactivism/1501.shtml
[4] NIPSA (syndicat le plus important en Irlande du Nord): 44.000 membres – 2007 http://electronicintifada.net/v2/article7064.shtml
[5] COSATU (Congress of South African Trade Unions): 1,8 million de membres – 2007 http://www.haaretz.com/hasen/spages.865408.html
[6] http://www.npk.2see.nl/soemoed/3/444
[7] http://www.haaretz.com/hasen/spages.868467.html

Traduit par Zoé Vandervennet